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Les négociations sur le climat ont repris dimanche à Genève. Cette réunion formelle est la première depuis deux mois. Elle est destinée à préparer le texte du grand accord que doivent signer en décembre à Paris 195 Etats, toujours divisés sur plusieurs points-clés.

Le président des négociations, le Péruvien Manuel Pulgar Vidal, a exhorté les participants à travailler efficacement. "Nous devons travailler avec un sens encore plus aigu de l'urgence", a-t-il lancé lors de la séance plénière d'ouverture. "Le temps est compté, chaque jour doit être un succès. Ce n'est pas une compétition entre nous", a-t-il ajouté.

Ces discussions intermédiaires, placées sous l'égide de l'ONU, vont durer jusqu'à vendredi. Elles visent à aboutir en fin d'année à l'accord le plus ambitieux jamais signé pour lutter contre le réchauffement climatique. Celui-ci doit prendre le relais du protocole de Kyoto pour l'après-2020.

"La session de Genève étant la seule session de négociation d'ici mai, son objectif est de produire le texte de négociation le 13 février" à l'issue des travaux, ont souligné dans une note les deux coprésidents des débats, l'Algérien Ahmed Djoghlaf et l'Américain Daniel Reifsnyder. Ils appellent à des discussions "constructives".

Une question de survie

La lutte contre le dérèglement climatique constitue une question de "survie" pour la planète et son échec représenterait un risque pour "toute la sécurité mondiale" qui pourrait être "déréglée", a estimé le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

"Il faut qu'on arrive à lutter contre ce dérèglement climatique à la fois pour des raisons environnementales, pour des raisons de capacité de vivre mais aussi pour des raisons de santé et de sécurité", a encore dit le ministre.

Lourdes conséquences

L'objectif est connu. Il faut limiter la hausse de la température mondiale à +2°C par rapport à l'ère préindustrielle. Faute de quoi la science prévoit un dérèglement climatique lourd de conséquences sur les écosystèmes, les sociétés et les économies, en particulier des régions les plus pauvres.

Au rythme actuel, le monde file vers +4° à +5° à la fin du siècle si aucune mesure draconienne n'est prise pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elles sont liées notamment à l'usage massif d'énergies fossiles.

"Nous devons déclencher une profonde décarbonisation de l'économie mondiale", explique la responsable climat de l'ONU Christiana Figueres. Elle prévient toutefois qu'il ne faut pas attendre de Genève un texte finalisé, mais plutôt espérer un document reflétant un peu mieux les points communs.

Les pays en développement attendent aussi des pays développés qu'ils mobilisent les fonds promis pour financer à la fois les mesures d'adaptation et de lutte contre le réchauffement climatique. Ce montant constitue 100 milliards de dollars annuels d'ici 2020.

Les Etats se divisent autour des moyens à mettre en oeuvre, comme le reflète le projet d'accord de 37 pages qui sera étudié à Genève.

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ATS