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Sergueï Lavrov lisait un message du président Vladimir Poutine selon lequel les conditions étaient enfin réunies pour "tourner une page tragique" de l'histoire de la Syrie lorsqu'il a été interrompu par des délégués.

KEYSTONE/EPA/YURI KOCHETKOV

(sda-ats)

La conférence de paix sur la Syrie organisée par la Russie mardi à Sotchi a été marquée par la discorde et la confusion. Certains délégués de l'opposition ont décidé de rentrer en Turquie et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est fait bruyamment chahuter.

A l'ouverture de ce "congrès du dialogue national", M. Lavrov a été interrompu par les cris hostiles de certains délégués reprochant à Moscou, alliée du régime de Bachar al Assad, de "tuer des civils" en Syrie. La scène a été diffusée en direct à la télévision russe.

Le ministre russe des affaires étrangères lisait un message du président Vladimir Poutine selon lequel les conditions étaient enfin réunies pour "tourner une page tragique" de l'histoire de la Syrie.

D'autres délégués se sont aussitôt manifestés pour apporter leur soutien à M. Lavrov. Ce dernier leur a demandé à tous de le laisser terminer, ajoutant qu'ils auraient l'occasion de s'exprimer plus tard. Plus tard, la séance plénière a dû être suspendue en raison de violents désaccords sur le choix du président de cette conférence.

Nouvelle Constitution

Le but de cette réunion dans la station balnéaire des bords de la mer Noire est de lancer des négociations sur l'élaboration d'une nouvelle Constitution après quasiment sept ans de guerre civile.

Mais l'événement est boycotté par le Comité des négociations (CNS) de l'opposition syrienne et les Kurdes de Syrie. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ne sont en outre pas représentés pour protester contre ce qu'ils considèrent comme le refus de Damas de s'engager sincèrement dans des négociations.

Les pays occidentaux soutiennent les efforts de paix menés sous l'égide des Nations unies, dont la dernière session en date s'est tenue la semaine dernière à Vienne.

La durée de la conférence, initialement fixée à deux jours, a été finalement ramenée à une journée. La plupart des délégués avec lesquels Reuters a pu discuter venaient de Damas et ne s'opposaient pas à M. Assad.

"Nous retournons en Turquie"

Un groupe d'opposants venus de Turquie, dont des membres de l'opposition armée, a refusé de quitter l'aéroport de Sotchi tant que les emblèmes du gouvernement syrien n'auraient pas été retirés.

Le chef de ce groupe, Ahmed Tomah, a ensuite déclaré dans une vidéo enregistrée à l'aéroport qu'ils allaient regagner la Turquie et que leurs demandes seraient présentées à la conférence par la délégation turque. Il a protesté contre la poursuite des "bombardements féroces" menés par l'aviation russe, qui tuent des civils dans son pays.

Un responsable du ministère russe des Affaires étrangères, Artiom Kojine, a évoqué "des problèmes avec un groupe de l'opposition armée (syrienne) venu de Turquie, et qui a posé de nouvelles conditions à sa participation".

Sergueï Lavrov a parlé deux fois au téléphone avec son homologue turc Mevlüt Cavusoglu, qui lui a assuré que ce problème serait réglé, a ajouté M. Kojine. Selon le journaliste Mohamed Adnan, membre de l'opposition basé en Turquie, environ 70 personnes se trouvaient à l'aéroport et attendaient un avion pour repartir à Ankara.

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ATS