Le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, à la tête d'un gouvernement de coalition populiste, a plaidé mardi la solidarité européenne en particulier en matière de migration. Il s'est exprimé devant des eurodéputés souvent hostiles.

Attendu de pied ferme par de nombreuses factions politiques au Parlement, le président du Conseil italien a prononcé un discours pro-européen mais pas exempt de critiques sur l'Union. Il s'est livré à cet exercice dans le cadre d'une série de débats avec chacun des chefs d'Etat et de gouvernement à l'approche des élections de mai prochain.

"Le projet européen semble avoir perdu de sa force motrice", a déclaré M. Conte devant les eurodéputés réunis en séance plénière à Strasbourg, déplorant que la politique du bloc se soit "rétractée" face à la crise économique.

"La politique, si elle est uniquement au service de l'économie, rate sa cible", a-t-il affirmé, estimant que la politique européenne a "perdu contact avec son peuple" et s'est trouvée "incapable de comprendre les vrais besoins de la communauté".

L'un des principaux thèmes du débat a été le dossier migratoire, dans lequel l'Italie joue un rôle central en tant que pays de première entrée pour des milliers de migrants qui traversent la mer Méditerranée.

"Nous ne pouvons pas continuer à aborder ces flux migratoires dans l'urgence, il faut avoir une approche structurelle pour avoir une solution stable et efficace", a-t-il lancé devant les eurodéputés, plaidant une nouvelle fois pour l'instauration d'un mécanisme obligatoire pour rediriger les réfugiés entre Etats membres.

Politique cynique

A l'image du chef de file du PPE (droite, principale force politique) Manfred Weber, plusieurs eurodéputés ont rappelé que le Parlement européen s'était déjà prononcé sur la réforme du règlement de Dublin sur le droit d'asile. Cette réforme préconise l'abandon de la règle selon laquelle le traitement d'une demande d'asile doit revenir au pays de première arrivée et appelle à plus de solidarité entre pays membres de l'Union.

Ils ont reconnu aussi l'effort fourni par l'Italie au cours des dernières années en matière d'accueil des migrants. Mais le social-démocrate Udo Bullmann a dénoncé la politique "cynique" du gouvernement italien qui n'accepte plus dans ses ports les navires d'ONG ayant secouru en mer des migrants.

Le Premier ministre italien a été aussi fortement critiqué sur le budget et le déficit public de son pays. "L'Italie a fortement souffert des politiques d'austérité", a noté l'écologiste Philippe Lamberts, mais "plutôt que de chercher des alliances à construire (...) votre gouvernement a choisi des confrontations aussi théâtrales que stériles", a-t-il regretté.

Giuseppe Conte a dû aussi défendre la rencontre entre Luigi di Maio et des gilets jaunes français, qui a entraîné une crise diplomatique entre les deux pays, assurant que le vice-Premier ministre l'avait fait en tant que "chef de parti".

Mots clés

Neuer Inhalt

Horizontal Line


subscription form - French

newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite et recevez nos meilleurs articles dans votre boîte mail.