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La conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier et la conseillère nationale Lisa Mazzone dénoncent les drames humains causés par une application aveugle du règlement Dublin.

KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

(sda-ats)

Un appel a été lancé mercredi à Genève "contre l'application aveugle" du règlement Dublin par la Suisse et les cantons. Les enfants, les femmes et les malades sont les premiers à souffrir de cette politique, soulignent les auteurs de la démarche.

Le règlement Dublin permet à la Suisse de renvoyer des requérants d'asile dans le premier pays de l'Union européenne (UE) où ils se sont signalés. Des dérogations existent pour des motifs humanitaires. Les signataires de l'appel reprochent aux autorités de ne pas en tenir assez compte lors de l'examen des dossiers.

Familles séparées

Plusieurs cas ont été évoqués devant la presse. Une fratrie a été séparée, le plus jeune étant autorisé à rester en Suisse, alors que sa soeur et ses frères, tous majeurs, ont été expulsés en Croatie. Une famille n'a pas pu rester à Genève, car la mère avait été hospitalisée en Allemagne et avait été enregistrée dans ce pays.

Pour la conseillère nationale genevoise Lisa Mazzone, ces exemples sont l'illustration d'une application de procédure tatillonne, qui ignore l'aspect humain. Il n'est pas nécessaire de changer la loi, il faut juste utiliser les possibilités offertes par le règlement Dublin, a relevé la conseillère aux Etats Liliane Maury Pasquier.

Des enfants quittent dans certains cas l'école en plein milieu de l'année scolaire, car la Suisse n'est pas entrée en matière sur la demande d'asile de leurs parents. Les gens sont le plus souvent renvoyés en Italie, où les structures d'accueil sont débordées et le chaos règne, a souligné Juliette Fioretta, de Solidarité Tattes.

Fort soutien à Genève

L'association genevoise qui défend les migrants est à l'origine de l'appel. Celui-ci a reçu un accueil favorable à Genève, notamment dans les milieux de gauche, mais pas que. Des exécutifs de communes comme Genève et Carouge l'ont signé. Parmi les soutiens se trouve aussi l'ancienne présidente de la Confédération Ruth Dreifuss.

"Nous espérons maintenant que d'autres cantons reprendront le flambeau", a indiqué Mme Fioretta. Des collectifs de défense des requérants d'asile ailleurs en Suisse ont été contactés pour diffuser l'appel. Selon les représentants de Solidarité Tattes, des actions s'ébauchent.

L'association veut aussi obtenir des appuis émanant de la population. Il est possible de signer l'appel sur internet. Les auteurs de la démarche envisagent de se rendre ensuite à Berne pour y déposer solennellement les signatures auprès du Conseil fédéral.

www.solidaritetattes.ch

ATS

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