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Coup d'envoi de difficiles négociations sur la réforme de l'asile

Karin Keller-Sutter a salué "l'approche globale" de la réforme de l'asile de l'UE (archives). KEYSTONE/ANTHONY ANEX sda-ats
Ce contenu a été publié le 08 octobre 2020 - 20:54
(Keystone-ATS)

Les ministres européens de l'Intérieur se sont réunis jeudi pour un premier tour de table sur une proposition de réforme de l'asile dans l'Union européenne (UE), qui augure de difficiles négociations. Karin Keller-Sutter salue "l'approche globale" du projet.

L'Allemagne, qui assure la présidence de l'UE jusqu'à la fin de l'année, espère parvenir début décembre à un accord de principe sur des "points clés" du nouveau Pacte sur la migration et l'asile, proposé en septembre par la Commission européenne. Pour l'instant, les 27 sont divisés.

"La réunion d'aujourd'hui me rend optimiste, je pense qu'on peut y arriver", a déclaré le ministre allemand Horst Seehofer lors d'une conférence de presse après la réunion par visioconférence. Il a défendu une "approche étape par étape" des négociations sur cette réforme, souhaitant qu'elles puissent déboucher sur des "actes législatifs" au premier semestre 2021.

Mais "nous avons du pain sur la planche pour rapprocher les intérêts", a-t-il reconnu, évoquant une "tâche énorme". "Nous devrons tous faire des compromis" pour aboutir à un accord, a-t-il averti.

Il a émis le souhait que deux prochaines réunions des ministres en novembre et décembre se tiennent en "présentiel" à Bruxelles, si la situation épidémiologique le permet.

Mécanisme de solidarité

Pour tenter de sortir de l'impasse, cinq ans après la crise migratoire de 2015, la Commission a proposé un mécanisme de solidarité obligatoire des Etats membres envers les pays d'arrivée de migrants. En cas d'afflux, les pays de l'UE auront le choix entre accueillir des demandeurs d'asile ou prendre en charge le retour des déboutés du droit d'asile depuis le pays européen où ils sont arrivés vers leur Etat d'origine.

La proposition suscite des réticences de plusieurs pays d'Europe centrale, la Hongrie en tête, hostiles à l'accueil de demandeurs d'asile. L'Autriche redoute de voir revenir les "relocalisations". A l'inverse, les pays en première ligne (Grèce, Espagne, Italie, Chypre et Malte) s'inquiètent d'un "déséquilibre" entre leurs obligations et la solidarité envisagée. Les discussions pourraient durer "des années", estiment plusieurs sources européennes.

Discussion "encourageante"

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, qui a présenté ce "pacte" le 23 septembre après une tournée des capitales et des discussions avec tous les Etats membres, ne s'attendait pas à ce que quiconque soit "pleinement satisfait" de sa proposition. Tout en reconnaissant aussi la difficulté de l'entreprise, elle a jugé la discussion "encourageante" lors de la conférence de presse.

La Suédoise a par ailleurs rejeté les critiques des ONG sur une Europe "forteresse". "Je ne suis pas d'accord", a-t-elle déclaré à l'AFP dans la matinée. "La proposition défend clairement les droits fondamentaux, le droit à l'asile, prévoit une nouvelle législation pour éviter les refoulements (...) et une solidarité pour les migrants sauvés en mer".

"La Suisse salue en particulier l’approche globale du nouveau paquet pour relever les défis dans le domaine migratoire", a déclaré pour sa part la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, qui a pris part à la visioconférence, selon un communiqué diffusé jeudi par le Département fédéral de justice et police (DFJP). La Suisse examine maintenant les propositions pour des adaptations législatives, notamment pour analyser quels aspects entrent dans le champ d’application des accords d’association à Schengen et à Dublin.

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