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"L'Union européenne continue d'essayer d'ériger un mur virtuel en Méditerranée. Dans l'esprit, elle rejoint la pensée du nouveau président américain Donald Trump et de son mur à la frontière mexicaine", selon un responsable de l'ONG OSAR en Suisse.

Keystone/AP/EMILIO MORENATTI

(sda-ats)

Alors que l'accord avec la Turquie sur les réfugiés est en vigueur depuis bientôt une année, l'Union Européenne s'apprête à le reproduire en Libye. Sceptiques, des ONG s'inquiètent d'un manque toujours plus flagrant du respect des droits humains envers les migrants.

"Pour les réfugiés, la situation en Libye est extrêmement préoccupante. Le pays n'a pas signé la convention sur les réfugiés. Le risque est très grand qu'ils se retrouvent dans une situation inadmissible. Ils vont essayer de fuir à nouveau", explique à l'ats Stefan Frey, porte-parole de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR).

Un tel accord n'arrêterait donc probablement pas le flux migratoire. "Les seuls gagnants seraient les passeurs. Avec des routes plus dangereuses et des conditions plus compliquées, ils feront payer plus aux migrants et augmenteront leurs bénéfices", souligne-t-il.

La situation des droits humains est par ailleurs particulièrement préoccupante en Libye. "Des cas de mauvais traitements envers les migrants ont largement été documentés", affirme Nadia Boehlen, porte-parole d'Amnesty International (AI).

Violences sexuelles fréquentes

Présent sur le terrain, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) dresse aussi un portait alarmant. Le pays compte plus de 200'000 déplacés internes et 100'000 réfugiés demandeurs d'asile, selon Cécile Pouilly, porte-parole du HCR, contactée par l'ats. Près de 1,3 million de personnes ont besoin d'aide humanitaire dans le pays.

"La Libye n'est pas un pays tiers sûr et il ne garantit pas des conditions de vie dignes" aux migrants, explique-t-elle. Les violences sont quotidiennes et les cas de violences sexuelles contre des femmes ou des enfants sont fréquents, selon elle. "Nous recevons des récits extrêmement choquants", ajoute Mme Pouilly.

"Conditions dangereuses et sordides"

Entre une situation politique plus qu'instable et des violations des droits humains avérés, la Libye ne semble pourtant pas être un candidat idéal. L'accord avec la Libye serait une reprise de celui qu'a conclu l'UE avec la Turquie, bien plus stable politiquement, pourtant Amnesty souligne déjà de graves problèmes dans ce dernier.

Cet accord "a rendu les conditions de vie de milliers de réfugiés et de migrants dangereuses et sordides, et il ne doit pas être reproduit avec d'autres pays" selon un rapport d'AI publié mardi.

C'est "un désastre pour les milliers de personnes abandonnées à leur sort sur les îles grecques, dans une situation dangereuse, désespérée et apparemment sans issue", affirme Gauri van Gulik, directrice adjointe du programme Europe d'AI.

A l'entrée en vigueur de l'accord, tous les réfugiés et migrants ont automatiquement été placés dans des "centres de détention". De fait, ils sont contraints de vivre dans la misère pendant des mois, dans des camps surpeuplés, déplore le rapport.

"Poudre aux yeux"

"Personne ne devrait mourir dans le froid, aux portes de l'Europe. Les dirigeants qui affirment que l'accord UE-Turquie pourrait servir de modèle pour d'autres pays comme la Libye, le Niger et le Soudan devraient se pencher sur les conséquences de cet accord et les considérer comme un avertissement: cet accord ne doit en aucun cas être reproduit ", insiste Mme Van Gulik.

"Un tel accord, c'est de la poudre aux yeux. L'Union européenne continue d'essayer d'ériger un mur virtuel en Méditerranée. Dans l'esprit, elle rejoint la pensée du nouveau président américain Donald Trump et de son mur à la frontière mexicaine", selon M. Frey de l'OSAR.

"Chaque fois qu'il y a un changement de solution pour faire face à la crise des réfugiés en Europe, c'est pour aller vers plus de durcissement", ajoute-t-il. Ces durcissements soulèvent toutefois de plus en plus de questions. Que ce soit dans le cas de la Turquie ou de la Libye, l'UE "est non seulement complice des violations des droits humains, mais elle les engendre de par sa politique", déclare Mme Boehlen.

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ATS