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Sur proposition d'une agence de communication, l'assemblée communale de Bergün avait décidé d'interdire la prise de photos sur le territoire de la localité grisonne "pour ne pas rendre malheureux les gens qui ne pouvaient y séjourner" (archives).

KEYSTONE/GEMEINDE BERGUEN

(sda-ats)

Le village grison de Bergün voulait qu'on parle de lui: l'objectif est atteint. Son interdiction de prendre des photos sur le territoire communal a fait réagir jusqu'à l'étranger, souvent en mal. La commune va mettre fin à ce coup de pub en abrogeant l'interdiction.

"L'interdiction de photographier (et son abrogation) est une campagne en plusieurs actes, menée selon une dramaturgie planifiée à l'avance", confie jeudi à l'ats Cyrill Hauser, membre dirigeant de l'agence de communication Jong von Matt/Limmatt qui l'a orchestrée.

L'agence a développé cette campagne en collaboration avec l'exécutif communal de Bergün, l'office du tourisme de Bergün/Filisur et l'organisation cantonale Graubünden Ferien ("Grisons Vacances"). L'assemblée communale lèvera l'interdiction lors de sa prochaine séance.

Mardi, la commune avait annoncé la décision de l'assemblée communale d'interdire la prise de photos sur le territoire de Bergün. Elle invoquait la volonté de ne pas rendre malheureuses les personnes qui n'y séjournaient pas et qui devaient se contenter d'en regarder les photos. Du même coup, elle invitait les curieux à se rendre à Bergün pour découvrir la région de leurs propres yeux.

"Shitstorm"

Ce coup de pub aurait dû dégager "charme et intelligence", dit Dennis Lück, publicitaire au sein de l'agence, sur le portail en ligne spécialisé persoenlich.com. Les réactions se sont toutefois avérées critiques et irritées.

Des médias du monde entier ont parlé de l'interdiction. De la France au Canada, en passant par la Russie et Israël ou la Grande-Bretagne.

Sur les sites des médias helvétiques, la nouvelle a déclenché un véritable "shitstorm". On jugeait l'opération "insolente", "arrogante" et "bête".

Sur place, les touristes se sont montrés au mieux confus, au pire énervés. On ne veut pas voler le clocher de l'église, juste le prendre en photo, s'irritait un randonneur zurichois interrogé par le journal Südostschweiz.

Controverse prise en compte

"Nous avons compté avec cette controverse" en lançant cette campagne, souligne Cyrill Hauser tout en estimant que les réactions se sont avérées plus positives à l'étranger qu'en Suisse. D'après lui, la vague de critiques virulentes est en train de faiblir.

Les habitants de Bergün, eux, soutenaient l'idée. Si certains étaient effrayés par la vague de commentaires négatifs, ils constataient qu'on parle de leur village, dans de nombreux pays, et via divers canaux.

ATS

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