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Il y a cinq ans, François Hollande (à gauche) avait marqué les esprits avec son anaphore "Moi, président de la République" face à Nicolas Sarkozy (archives).

KEYSTONE/EPA/FRANCE 2 / HANDOUT

(sda-ats)

Le débat télévisé de l'entre-deux-tours, tel que celui qui opposera mercredi soir Emmanuel Macron à Marine Le Pen, est depuis 1974 un moment fort des campagnes présidentielles. Il atteint des taux d'audience record.

10 mai 1974

Ce premier débat est suivi par environ 25 millions de téléspectateurs, d'après certaines estimations. Un échange entre le ministre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand est resté célèbre. A celui-ci qui affirme, à propos de la répartition de la croissance, "c'est une affaire de coeur et non pas seulement d'intelligence", VGE réplique: "Vous n'avez pas le monopole du coeur."

5 mai 1981

Cette fois, quelque 30 millions de téléspectateurs sont devant l'écran. Face au président sortant, M. Mitterrand, très à l'aise, prend sa revanche. Valéry Giscard d'Estaing présente son adversaire comme "l'homme du passé", le socialiste réplique: "Vous êtes l'homme du passif".

VGE l'accuse d'avoir "géré le ministère de la parole" tandis que lui "gérait la France". Il lui demande de donner le cours du deutschemark. "Je n'aime pas vos méthodes. Je ne suis pas votre élève. Ici, vous n'êtes pas président de la République, mais mon contradicteur", lui rétorque M. Mitterrand.

28 avril 1988

Le président Mitterrand attaque durement le Premier ministre de cohabitation Jacques Chirac sur l'affaire Wahid Gordji, diplomate iranien impliqué dans les attentats de 1986 à Paris. Il affirme "dans les yeux" que M. Chirac lui aurait dit avoir des preuves de la culpabilité de M. Gordji, qui a été expulsé de France en Iran en 1987. Le Premier ministre nie.

Lorsque M. Chirac lui dit: "Ce soir, vous n'êtes pas le président de la République, nous sommes deux candidats à égalité (...), vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand", il s'entend répondre, sur un ton cinglant: "Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre." L'audience est encore énorme: 30 millions de téléspectateurs.

2 mai 1995

M. Chirac et Lionel Jospin s'affrontent sur le bilan des deux présidences mitterrandiennes. Au cours d'un duel courtois, M. Jospin défend le quinquennat et déclare: "Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Chirac." 16,7 millions de téléspectateurs.

Avril 2002

M. Chirac refuse de débattre avec Jean-Marie Le Pen, qualifié surprise du second tour, pour ne pas cautionner "la banalisation de la haine et de l'intolérance". Le candidat du Front national (FN) dénonce une "piteuse dérobade".

2 mai 2007

Devant 20,4 millions de téléspectateurs, Ségolène Royal se montre combative face à Nicolas Sarkozy, en particulier sur un sujet inattendu, celui des handicapés. Elle accuse son adversaire d'avoir atteint "le summum de l'immoralité politique", en parlant du sort des enfants handicapés alors que le gouvernement de droite a supprimé des emplois à l'école permettant leur accueil.

M. Sarkozy l'accuse de "perdre ses nerfs": "Pour être président, il faut être calme", lance-t-il. "Je n'ai pas perdu mes nerfs, je suis en colère et il y a des colères très saines, très utiles", réplique-t-elle.

Le 28 avril, Mme Royal avait débattu, courtoisement, en direct sur BFMTV et RMC, avec François Bayrou, pratique inédite entre une finaliste désireuse de refaire son retard sur M. Sarkozy, et un leader politique arrivé troisième au premier tour.

2 mai 2012

17,8 millions de téléspectateurs suivent le débat, virulent, âpre, entre le président Sarkozy et François Hollande. Le socialiste frappe les esprits en utilisant l'anaphore, une technique d'éloquence basée sur la répétition, pour répondre à la question "quel président comptez-vous être?"

Quinze fois de suite, il assène à M. Sarkozy, qui reste coi, des "Moi, président de la République..." pour détailler la ligne, notamment déontologique, qu'il se fixerait en cas de victoire.

ATS

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