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Les dirigeants chypriotes grec et turc sont à Crans-Montana avec les représentants de leurs Etats garants pour tenter d'avancer sur la réunification de l'île.

KEYSTONE/EPA KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Les dirigeants chypriotes grec et turc et leurs garants ont entamé leurs difficiles négociations à Crans-Montana (VS) pour réunifier une île divisée depuis plus de 40 ans. En attendant son secrétaire général, l'ONU est "encouragée" par l'activité des parties mercredi.

La plupart des participants s'étaient retrouvés mardi soir pour un dîner, avant la reprise mercredi matin de la Conférence sur Chypre. Tous "sont venus avec la résolution de dépasser les défis et de résoudre les questions" qui les séparent, a dit devant la presse le sous-secrétaire général de l'ONU Jeffrey Feltman. "C'est une opportunité historique", a-t-il affirmé.

De son côté, l'émissaire de l'ONU sur Chypre Espen Barth Eide s'est dit conforté dans sa conviction que ces pourparlers constituent "la meilleure chance" d'aboutir, malgré les difficultés. L'ONU souhaite un accord de principe sur toutes les questions ou au moins "une percée" sur les plus importantes. Sans un tel résultat, les discussions "ne seront pas un succès", admet M. Eide.

Les présidents chypriote Nicos Anastasiades et chypriote turc Mustafa Akinci doivent tenter de régler leurs derniers différends sur le territoire, le droit de propriété, la gouvernance et la répartition des pouvoirs.

En parallèle, ils discutent avec la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne de la sécurité et des garanties qui permettent à ces pays d'intervenir militairement en cas de besoin dans l'île. Ce point reste la principale division.

Burkhalter représenté

Les Chypriotes turcs et leurs alliés turcs sont favorables au maintien ou à une réforme de ces garanties, notamment de la présence de quelque 35'000 soldats turcs dans le nord. Les autres parties souhaitent qu'elles soient éliminées.

Outre les dirigeants des deux communautés, les ministres des affaires étrangères grec Nikos Kotzias et turc Mevlut Cavusoglu sont présents. Leur homologue britannique Boris Johnson, qui a participé au dîner de mardi soir, est rentré à Londres, alors que le gouvernement de Theresa May devait faire face au premier vote dans la nouvelle Chambre des Communes, de même que le ministre des affaires européennes Alan Duncan.

La Grande-Bretagne n'a pas laissé dans l'immédiat dans la station de représentant de haut niveau. Mais M. Feltman dit avoir reçu des garanties de l'"engagement" britannique pour résoudre la crise. D'ailleurs, M. Duncan devait revenir rapidement à Crans-Montana et M. Johnson souhaite aussi participer à nouveau plus tard.

Après le départ de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, l'UE reste représentée par le premier vice-président de la Commission Frans Timmermans. De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres se joindra à la Conférence dans la semaine, a annoncé M. Feltman.

Selon des sources concordantes, il est attendu vendredi. En l'absence du conseiller fédéral Didier Burkhalter, la Suisse a elle dépêché le secrétaire d'Etat adjoint Alexandre Fasel.

Plusieurs manifestants

A leur arrivée mercredi dans la matinée, les convois étaient encadrés par une dizaine de Chypriotes du groupe "Unifiez Chypre maintenant", constitué de membres des deux communautés. Ils sont venus apporter leur soutien aux dirigeants avec des banderoles qui affichaient "Assez!" ou "Une solution maintenant".

Ce groupe se réunit chaque soir depuis trois semaines devant le barrage qui sépare à Nicosie la partie chypriote grecque au sud et celle chypriote turque au nord, reconnue seulement par la Turquie.

Les pourparlers ont repris après un blocage de plusieurs mois en raison d'une loi controversée au Parlement chypriote. Mi-juillet, un forage de gaz naturel, contesté par la Turquie, doit être lancé au large de Chypre.

La campagne pour l'élection présidentielle chypriote de février va ensuite démarrer à l'automne. Sans avancée dans les dix prochains jours, certains redoutent que le processus ne soit gelé jusqu'après le scrutin, sans savoir s'il pourra reprendre sur le même format.

Depuis une invasion turque en 1974, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud, où vivent les Chypriotes grecs. Tout compromis serait soumis au vote par référendum dans chacune des deux parties de l'île.

ATS