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Manuel Contreras, le chef de la redoutable police politique de la dictature d'Augusto Pinochet, est décédé à l'âge de 86 ans. Il était considéré comme l'un des plus grands criminels de l'histoire du Chili.

Des dizaines de Chiliens, dont d'anciens prisonniers politiques, se sont rassemblés devant l'hôpital de Santiago où il est mort sans avoir jamais reconnu aucun de ses crimes. C'est dans ce même hôpital qu'est mort en décembre 2006 son mentor Augusto Pinochet.

Manuel Contreras Sepulveda, avait été condamné à 529 ans de prison dans des procès organisés pour 40 cas de tortures, disparitions et enlèvements d'opposants. "C'est un des types les plus détestables du Chili (...). Il a tué beaucoup de monde", a commenté à la télévision l'avocat des droits de l'Homme Roberto Garreton.

La DINA

Contreras a été le créateur et unique directeur de la Direction nationale du renseignement (DINA), à laquelle est imputée la majorité des victimes de la dictature chilienne (1973-1989) - plus de 3200 morts ou disparus et plus de 38'000 personnes torturées au nom de la lutte antisubversion.

Considéré comme le bras droit de l'ancien président Pinochet, il a été emprisonné en 2005 pour l'enlèvement d'un jeune opposant. Il a été condamné à de multiples reprises ensuite, devenant l'un des plus grands criminels jugés de l'histoire du Chili, mais a toujours nié que la DINA ait été à l'origine de tortures ou de disparitions.

Jamais

"On n'a jamais torturé personne", a assuré Contreras dans un entretien télévisé depuis sa prison en septembre 2013, à la veille du 40e anniversaire du coup d'Etat qui a instauré la dictature Pinochet. "Dans les prisons (de la DINA) on amenait les prisonniers pour cinq jours et on les interrogeait avec des méthodes normales", a-t-il déclaré.

"Tous les morts de la DINA sont morts au combat. Je n'ai pas donné l'ordre de faire disparaître qui que ce soit", a-t-il poursuivi, provoquant l'effroi parmi ses victimes.

La DINA a pu disposer de jusqu'à 60'000 agents et informateurs, y compris à l'extérieur du Chili. Elle retenait des opposants prisonniers aussi longtemps qu'elle le désirait dans ses prisons secrètes, ne devant rendre comptes qu'à Pinochet.

Opération Condor

Elle passait à l'action à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières du Chili, quand il s'agissait d'éliminer des dissidents exilés en Europe ou aux Etats-Unis.

Manuel Contreras a également participé à la création et à la mise en application de l'"Opération Condor". Il s'agissait d'un plan d'extermination des opposants coordonné par les dictatures qui sévissaient dans plusieurs pays d'Amérique latine dans les années 70 (Chili, Argentine, Bolivie, Brésil, Paraguay, Uruguay).

ATS