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Le décès d'Heinz Wuffli, ici l'ancien logo de Credit Suisse, rappelle le scandale de Chiasso (TI) dans lequel avait plongé à l'époque la grande banque (archives).

KEYSTONE/STR

(sda-ats)

L'ancien patron de Credit Suisse Heinz Wuffli est décédé le 4 août dernier à l'âge de 90 ans. Le dirigeant avait été éclaboussé il y a 40 ans par "le scandale de Chiasso", retentissante affaire qui l'avait contraint à la démission.

Après dix ans à la direction générale de la banque, Heinz Wuffli avait été nommé en 1977 président de la direction générale de la "Schweizerische Kreditanstalt", le nom en allemand à l'époque de Credit Suisse, rappelle la grande banque dans un faire-part de décès publié mercredi. Peu de temps après éclatait "le scandale de Chiasso".

Les responsables de Credit Suisse à Chiasso (TI) avaient mis au point un système de détournement de fonds afin de laver plus de 2 milliards de capitaux en provenance d'Italie. L'origine de l'affaire remontait aux années soixante. En plein boom économique, les responsables de la banque à Chiasso créaient la société Texon basée au Liechtenstein.

Devenue une vraie "banque dans la banque", à l'insu de la direction même de Credit Suisse, la société avait collectionné des participations financières qui cachaient en fait des capitaux italiens soustraits au fisc.

Jusqu'en 1973, la société Texon s'était portée comme un charme. Mais la récession qui avait suivi le choc pétrolier cette année-là l'avait jetée dans les premières difficultés. Plusieurs entreprises regroupées en son sein avaient commencé à accuser des déficits. A partir de 1977, les responsables de la société ne parvenaient plus à couvrir les pertes.

"Bouc émissaire"

Face à l'indignation suscitée en Suisse par l'affaire, Heinz Wuffli avait été contraint à la démission le 10 mai 1977. Le dirigeant avait endossé la responsabilité formelle pour les pertes subies par les activités criminelles de l'agence de Chiasso.

Heinz Wuffli avait fait office de "bouc émissaire", affirmait à l'époque le journal alémanique Bilanz. Il n'était resté que deux mois à la tête de la banque.

Le scandale n'a pas seulement éclaboussé Credit Suisse, mais l'ensemble du secteur bancaire. Comme conséquence directe, il a incité les banques helvétiques à renforcer leurs contrôles en matière d'acceptation de fonds.

Après son départ de Credit Suisse, Heinz Wuffli est resté longtemps actif dans le secteur financier. Il a démissionné seulement en 1994 de la présidence de l'assureur Elvia pour des raisons d'âge. Son fils, Peter Wuffli, a vécu une mésaventure pareille à celle de son père. Il avait dû quitter la direction générale d'UBS en 2007, peu avant le déclenchement de la crise financière.

ATS