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Le Premier ministre népalais, Pushpa Kamal Dahal, a annoncé sa démission depuis son bureau à Katmandou.

KEYSTONE/EPA/NARENDRA SHRESTHA

(sda-ats)

Le Premier ministre népalais, le maoïste Pushpa Kamal Dahal, a démissionné mercredi, conformément à un accord prévoyant l'entrée en fonction d'un de ses anciens adversaires politiques. En d'autres temps, celui-ci avait pourtant promis une récompense pour sa capture.

"J'annonce ma démission du poste de Premier ministre aujourd'hui, dès maintenant, en m'engageant à continuer de m'activer pour le redressement du pays", a déclaré Pushpa Kamal Dahal, 62 ans, dans une adresse télévisée. Celui qui revendique toujours son nom de guerre Prachanda ou "le Féroce" a dirigé l'insurrection maoïste pendant une décennie avant d'entrer en politique.

Il renonce à ses fonctions après moins de dix mois aux affaires. Il avait promis de démissionner après la tenue d'élections locales, conformément à l'accord qui a permis son arrivée au pouvoir en août dernier.

Sher Bahadur Deuba, qui fut Premier ministre à trois reprises, et dirige le principal parti de la coalition gouvernementale actuelle, doit lui succéder. Le Parlement doit confirmer sa nomination dans un délai de dix jours.

Alliance malaisée

Pushpa Kamal Dahal est arrivé au pouvoir après avoir retiré son soutien au gouvernement de l'époque et aligné son parti maoïste sur le Congrès népalais (centre-droit) dirigé par Sher Bahadur Deuba.

Cette alliance était cependant des plus malaisées. Sher Bahadur Deuba, au plus fort de la guerre civile, alors qu'il était Premier ministre, avait promis une récompense de 5 millions de roupies (49'000 francs) pour la capture de Dahal, mort ou vif.

L'accord qui a permis l'accession au pouvoir de Pushpa Kamal Dahal stipulait également qu'il organise des élections locales, les premières depuis vingt ans, avant de rendre le pouvoir à Deuba.

Dahal a scindé en deux ces élections, qui se sont tenues il y a dix jours dans trois seulement des sept provinces du pays, faisant valoir le risque de violences de la part de minorités dans le sud du pays frontalier de l'Inde. Celles-ci réclament un amendement à la Constitution pour mettre un terme à ce qu'elles considèrent comme leur marginalisation. Cet amendement n'a pas vu le jour.

La deuxième phase des élections locales est prévue pour le 14 juin. Les élections locales doivent ouvrir la voie à des élections provinciales et nationales prévues pour janvier 2018, ultime étape du processus de paix.

ATS

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