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Can Dündar (d.) et son chef de bureau Erdem Gul lors de leur procès en mai dernier (archives).

KEYSTONE/AP Cumhuriyet/CAN EROK

(sda-ats)

Le rédacteur en chef du quotidien d'opposition turc Cumhuriyet a annoncé lundi sa démission. Condamné à une peine de prison en première instance, il a expliqué ne plus croire en la justice pour son procès en appel, depuis le coup d'Etat manqué en Turquie.

En mai, Can Dündar avait été condamné à cinq ans et 10 mois de prison pour divulgation de secrets d'Etat, dans une affaire qui avait provoqué la colère du président Recep Tayyip Erdogan. M. Dündar, qui avait été autorisé à rester en liberté en attendant la décision de la Cour d'appel sur son dossier, serait depuis parti en Allemagne.

Dans une tribune publiée lundi dans le quotidien Cumhuriyet, il a fait savoir qu'il ne se rendrait pas au tribunal. Il estime que l'Etat d'urgence imposé à la suite du putsch manqué en Turquie, le 15 juillet, l'empêchait d'avoir droit à un procès équitable.

Le journaliste a aussi annoncé qu'il démissionnait de son poste de rédacteur en chef, mais qu'il continuerait d'écrire des tribunes en tant que chroniqueur.

Période de non-droit

Tous les signes d'une période de "non-droit" sont réunis, justifie Can Dündar, qui assure que l'Etat d'urgence est utilisé par le gouvernement pour contrôler la justice de manière arbitraire. "Faire confiance à un tel pouvoir revient à mettre sa tête sous la guillotine", précise M. Dündar dans sa tribune intitulée "Le temps de dire adieu".

"Désormais, nous ne faisons pas face à la justice, mais au gouvernement. Aucun tribunal supérieur ne pourra s'opposer au non-droit qui s'installe". "Par conséquent, j'ai décidé de ne pas me rendre à la justice tant qu'il y aura l'Etat d'urgence" instauré depuis le 20 juillet.

Livraisons d'armes aux islamistes

Auteur de plusieurs livres et documentaires, M. Dündar avait été nommé rédacteur en chef de Cumhuriyet en février 2015 et avait rapidement fait du titre un fervent journal d'opposition. Le média avait diffusé en 2015 un article et une vidéo faisant état de livraisons d'armes l'année précédente par les services secrets turcs à des rebelles islamistes en Syrie.

"Ils le payeront cher", avait alors menacé, furieux, le chef d'Etat turc à la télévision. M. Erdogan avait alors lancé personnellement des poursuites contre M. Dündar et son chef de bureau à Ankara, Erdem Gül.

Plus de 100 médias fermés

D'après les chiffres officiels, plus de 35'000 personnes ont été arrêtées à ce jour dans le cadre d'une vaste purge menée depuis le coup d'Etat manqué qui a fait 273 morts. Des mandats d'arrêt ont été délivrés à l'encontre de 42 journalistes.

Dans le cadre de l'Etat d'urgence, les autorités ont fermé plus de 100 médias critiques du pouvoir. La Turquie pointe à la 151ème place sur 180 dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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