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D'anciens otages des Farc exigent que l'ex-guérilla demande pardon

Le gouvernement et les Farc ont conclu un accord de paix en 2016 à La Havane (archives).

KEYSTONE/EPA/THIERRY MONASSE

(sda-ats)

D'anciens otages des Farc ont exigé lundi que l'ex-guérilla leur demande pardon. Ils l'ont indiqué durant la première audience de leurs témoignages devant la juridiction spéciale issue de l'accord de paix signé en Colombie en 2016 qui juge les crimes du conflit armé.

"Nous aspirons à ce qu'un jour, ils nous disent 'Pardon, nous nous sommes trompés', qu'ils le fassent avec l'humilité que le pays attend", a déclaré Luis Eladio Perez, enlevé le 6 octobre 2001 et retenu sept ans dans la jungle par l'ex-rébellion des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Cet ancien sénateur, otage en même temps que l'ex-candidate présidentielle Ingrid Betancourt, avait été libéré le 27 février 2008 suite à l'intervention du défunt président vénézuélien Hugo Chavez et de Piedad Cordoba, alors sénatrice, durant la présidence d'Alvaro Uribe (2002-2010).

Devant la Juridiction spéciale de paix (JEP), M. Perez a affirmé que les Farc, aujourd'hui transformées en parti politique, l'avaient traité comme "un animal" en le gardant enchaîné avec d'autres dans des "camps de concentration". Il a demandé à ce qu'elles "s'engagent envers la société colombienne à ce que ces faits ne se reproduisent pas".

"Le mépris"

L'ancien parlementaire Oscar Tulio Lizcano, séquestré en août 2000 et qui s'était échappé deux ans plus tard, a déclaré pour sa part avoir "appris que le plus dur de la part des Farc, des geôliers envers les victimes, c'est le mépris". Assurant avoir pardonné à ses ravisseurs, il leur a demandé de dire la vérité et que leurs crimes ne soient pas oubliés.

Ingrid Betancourt, otage pendant six ans et libérée par l'armée en 2008, doit être entendue mercredi. Elle peut aussi transmettre son témoignage par écrit, ou ne rien déclarer. Une vingtaine d'autres otages doivent témoigner devant la JEP d'ici le 8 novembre.

Moyen de pression

Les leaders du parti Force Alternative révolutionnaire commune (Farc), fondé par les ex-guérilleros, ont plusieurs fois demandé pardon pour leurs crimes commis durant plus d'un demi-siècle de rébellion armée.

Plus de 37'094 enlèvements ont eu lieu, la plupart dus aux Farc et à l'Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, selon des chiffres officiels. Les rebelles utilisaient les otages comme moyen de pression politique ou de financement.

L'accord de paix prévoit des peines alternatives à la prison pour les ex-guérilleros comme pour les militaires qui avouent leurs crimes, dédommagent les victimes et s'engagent à ne plus avoir recours à la violence.

Le conflit a impliqué une trentaine de guérillas, des paramilitaires et l'armée, faisant au moins huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés. Le gouvernement et les Farc ont conclu un accord de paix en 2016 à La Havane.

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