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Le niveau de certains cours d'eau dans plusieurs cantons est critique. Les agriculteurs ne peuvent plus pomper dans les rivières (archives).

KEYSTONE/ALEXANDRA WEY

(sda-ats)

La sécheresse qui sévit depuis plusieurs semaines affaiblit le niveau des cours d'eau en Suisse. Vaud, Fribourg, le Jura et les deux Bâle ont interdit le pompage d'eau. La situation est particulièrement tendue dans l'Arc jurassien et sur le Plateau.

"La majorité des cours d'eau ont atteint leur débit minimum légal et les températures de l'eau deviennent très élevées pour la faune piscicole", explique vendredi à l'ats Yves Châtelain, ingénieur au département du territoire et de l'environnement vaudois. Il est interdit de pomper dans les rivières vaudoises dès samedi à 12h00, peut-on lire sur le site du canton. Une décision également prise par Fribourg.

Les débits d'eau dans les cours d'eau fribourgeois ont fortement diminué et leurs températures ont augmenté. La situation est devenue critique pour la faune aquatique, écrit vendredi le Service cantonal de l'environnement.

La Sarine, le Grand Canal, le canal de la Broye et les lacs de la Gruyère, de Schiffenen, de Neuchâtel et de Morat ne sont toutefois pas concernés. L'interdiction ne s'applique pas non plus à l'eau potable, qui relève des communes.

Jusqu'à nouvel avis

Dans les deux cantons, cette interdiction est valable jusqu'à nouvel avis. Les autorités vaudoises font cependant le point sur la situation au moins une fois par semaine. En cas de pluie suffisante, par exemple, les prélèvements d'eau pourraient être temporairement autorisés.

Yves Châtelain estime qu'un jour complet de précipitations ne permettrait de combler le manque d'eau que durant quelques jours. La dernière interdiction générale de pompage remonte à 2015. Mais cette année, la décision a été prise plus tard, un léger avantage pour l'agriculture. Les paysans sont les principaux bénéficiaires d'autorisations de pompage pour irriguer les cultures.

Captures de poissons

Dans le Jura, les prélèvements d'eau sont interdits depuis une quinzaine de jours, dit Laurent Gogniat, chef adjoint de l'Office de l'environnement. Le débit de certains cours d'eau est en dessous du minimum requis. Ceux-ci risquent de s'assécher et la faune piscicole peut être mise en danger.

Un sauvetage de pêche a récemment eu lieu, selon M. Gogniat. Des poissons ont été déplacés pour éviter qu'ils ne périssent. Il est par ailleurs interdit de pêcher et de naviguer sur le Doubs depuis quelques jours. Pour l'instant, la population jurassienne n'a pas été invitée à modérer son utilisation de l'eau, mais des mesures devront être prises si la situation perdure, estime l'expert.

Outre-Sarine, les voisins du Jura font également face à une forte sécheresse. Les deux Bâle ont interdit le pompage dans tous les cours d'eau sur leur territoire. Comme en 2015 et 2011, un ruisseau de 11 kilomètres du canton de Bâle-Campagne est complètement asséché dans sa partie la plus basse.

Du côté de Berne, la situation est "précaire, mais pas dramatique" selon le service de la pêche. Des captures de poissons ont été réalisées dans quelques ruisseaux asséchés.

Genève et Valais épargnés

Dans les cantons de Genève et du Valais, la situation est moins critique. Le bout du lac est peu touché, car le pompage se fait principalement dans les grands cours d'eau comme le Rhône et l'Arve. Mais la sécheresse actuelle préoccupe néanmoins les autorités, évoque Philippe Mégevand, collaborateur à la direction générale de l'eau de Genève.

En Valais, le manque de pluie en été ne pose pas de problème: la neige fond et par conséquent, le niveau des eaux monte. La sécheresse hivernale est en revanche plus délicate, affirme Marc Bernard, chef de la section Protection des eaux.

Avec le réchauffement climatique, les périodes sèches risquent de devenir plus en plus fréquentes. Ces 15 dernières années, le canton de Vaud a interdit le pompage à dix reprises. Une cadence qui devrait se poursuivre, selon Yves Châtelain. Un avis partagé par le chef adjoint de l'office de l'environnement jurassien. "Depuis 5-10 ans, le phénomène est de plus en plus fréquent", voire est devenu la règle.

ATS