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Les dirigeants d'entreprises doivent marcher dans les clous en matière d'éthique s'ils veulent conserver leur poste, car "les conseils d'administration savent qu'ils sont surveillés, donc ils font attention", révèle une étude.

KEYSTONE/AP/EUGENE HOSHIKO

(sda-ats)

Le nombre de dirigeants d'entreprises démis de leurs fonctions pour des manquements éthiques a fortement augmenté dans le monde ces dernières années, souligne une étude publiée lundi par le cabinet PwC. Ce notamment dans les sociétés à forte capitalisation boursière.

Cette étude a analysé les renouvellements de dirigeants dans les 2500 plus grandes entreprises cotées en bourse à travers le monde. Selon elle, le nombre de départs consécutifs à des scandales ou à des affaires ayant trait à l'éthique a augmenté de 36% au cours des cinq dernières années.

Entre 2007 et 2011, seuls 3,9% des changements de dirigeants étaient dus à des comportements inappropriés, comme des actes de corruption, des délits d'initié, des actions entraînant un désastre écologique ou des problèmes de harcèlement. Or depuis 2012, ce chiffre atteint 5,3%.

Cette augmentation s'inscrit dans une tendance à la baisse du taux de renouvellement mondial chez les dirigeants d'entreprise (15% des grandes entreprises ont changé de dirigeant en 2016 contre 16,6% en 2015). Elle est particulièrement marquée dans les très grandes entreprises, souligne PwC.

Plus surveillés

"Il y a de plus grandes attentes concernant la moralisation de la vie publique. Cela touche aussi les entreprises", explique Pierre Péladeau, associé Strategy&, l'activité de conseil en stratégie de PwC, qui attribue la hausse des évictions pour cause éthique à plusieurs facteurs.

Parmi elles: "la méfiance de l'opinion publique suite à la crise financière de 2007-2008", le "renforcement de la réglementation", mais aussi "l'arrivée massive des moyens de communication numérique", à l'origine d'une "accélération de l'information", qui nous parvient en continu.

"Les conseils d'administration sont beaucoup plus conscients" que par le passé des "risques" liés aux affaires. "Ils savent qu'ils sont surveillés, donc ils font attention", explique à l'AFP Pierre Péladeau, qui précise que "l'ensemble des régions du monde sont concernées".

Brics très touchés

Selon PwC, le nombre de départs liés à des manquements à l'éthique a ainsi grimpé de 41% depuis 2012 dans les pays d'Europe occidentale, et de 141% dans les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), où "les scandales et les affaires ont eu le plus d'impact ces dernières années".

Le nombre de départ à la suite de scandales a également fortement augmenté dans les entreprises américaines et canadiennes (+102%). Ces dernières enregistrent toutefois le taux de départ le plus bas pour ce motif (3,3%), en raison d'une "législation plus contraignante en la matière", souligne PwC.

ATS

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