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Les habitants fuient les affrontements de Marawi, alors que le président philippin a déclaré la loi martiale dans toute la région de Mindanao.

KEYSTONE/AP/BULLIT MARQUEZ

(sda-ats)

Des étrangers combattent dans les rangs des islamistes qui affrontent l'armée philippine sur l'île de Mindanao, selon le procureur général de Manille. Après quatre jours d'affrontements, le bilan s'est alourdi à 46 morts.

Les autorités philippines ont lancé une offensive dans la ville de Marawi, sur Mindanao, occupée depuis plusieurs jours par des rebelles liés à l'EI. Y participent des forces spéciales avec l'appui d'hélicoptères de combat. Face à eux, se trouvent une trentaine de rebelles très déterminés, dit l'armée.

"Ce qui se passe à Mindanao, ce n'est plus une rébellion de citoyens philippins. Cela s'est métamorphosé en invasion de combattants étrangers", a déclaré Jose Calida, le "Solicitor General", un avocat qui représente le gouvernement dans toutes les affaires juridiques.

"Ce n'était auparavant qu'un groupe terroriste local. Mais ils ont depuis adhéré à l'idéologie de l'EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant, ancien nom de l'EI- ndlr)", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Il s'exprimait à Davao, grande ville de Mindanao, région qui s'étend sur un tiers méridional du territoire philippin, à très grande majorité catholique.

Rejoindre le califat

Selon le magistrat, des Malaisiens, des Indonésiens, des Singapouriens et "d'autres djihadistes étrangers" participent aux affrontements de Marawi, l'une des plus grandes villes musulmanes des Philippines avec ses 200'000 habitants. Ces étrangers ont répondu à un "appel du clairon" lancé par l'EI pour aller à Mindanao et y fonder une "wilayat" (province) du "califat" de l'EI.

Le général Restituto Padilla, porte-parole de l'armée philippine, a déclaré que six étrangers avaient été tués dans les affrontements, dont des Malaisiens et des Indonésiens. D'après un bilan livré par le porte-parole, 11 soldats, deux policiers et 31 djihadistes ont péri dans les combats, au cours desquels l'armée a bombardé des immeubles où s'étaient retranchés les islamistes. Deux civils ont également été tués dans un hôpital occupé mardi par les djihadistes.

Retranchés avec des otages

Le président Rodrigo Duterte a déclaré la loi martiale dans toute la région de Mindanao, quelques heures après que les islamistes eurent commencé à semer le chaos dans la ville de Marawi mardi. S'exprimant vendredi dans la ville voisine d'Iligan, il a adressé un "message aux terroristes", les invitant à essayer de "résoudre la situation par la voie du dialogue". A défaut, a-t-il dit, "on va se battre".

Les combats ont éclaté après un raid des forces de sécurité contre une cache supposée d'Isnilon Hapilon, considéré comme le chef de l'EI aux Philippines.

Les Etats-Unis, qui présentent Hapilon comme un des terroristes les plus dangereux du monde, ont mis sa tête à prix pour cinq millions de dollars. C'est également un des dirigeants d'Abou Sayyaf, groupe islamiste spécialisé dans les enlèvements crapuleux.

Mais les forces de sécurité ont essuyé un échec retentissant. Des dizaines de combattants sont accourus pour les repousser, avant de partir saccager la ville en brandissant des drapeaux noirs de l'EI.

Les autorités expliquent qu'il est très difficile de venir à bout de la crise. Les djihadistes sont retranchés dans des immeubles résidentiels, ont placé des bombes artisanales dans les rues et pris des catholiques en otage.

ATS

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