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L'année dernière, 13 réfugiés ont été placés dans huit exploitations. Employeurs et employés sont satisfaits (archives).

KEYSTONE/PATRICK STRAUB

(sda-ats)

Dans le cadre d'un projet-pilote, des agriculteurs suisses ont engagé 13 réfugiés en 2015. L'union suisse des paysans et la Confédération veulent mieux utiliser la main-d'oeuvre résidente en Suisse. Pour les initiants, le bilan est positif.

Le projet est volontairement maintenu à un niveau modeste. Environ 15 places par année sont disponibles. Il ne s'agit pas d'un programme d'occupation pour des demandeurs d'asile en attente d'une décision, rappelle M. Gattiker. Seuls des réfugiés reconnus et des personnes au bénéfice de l'admission provisoire sont concernés.

L'objectif n'est pas de créer des emplois pour le plus grand nombre possible de réfugiés, mais de créer un cadre pour leur intégration sur le marché du travail, explique mercredi le Secrétaire d'Etat aux migrations Mario Gattiker.

Le projet répond aux exigences nées de l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse le 9 février 2014. Les employeurs doivent davantage miser sur la main-d'oeuvre résidente en Suisse et moins sur les travailleurs immigrés. "Des milliers de réfugiés dépendent de l'aide sociale, alors qu'ils pourraient travailler", avait déclaré Simonetta Sommaruga en début d'année lors du symposium sur l'asile.

Expérience positive

Dans la plupart des cas, les engagements se sont avérés positifs. Les migrants ont pu améliorer leurs connaissances linguistiques et professionnelles. Pour les exploitants, leur travail était à la hauteur des attentes. Ils ont également souligné que les réfugiés s'étaient bien intégrés aux équipes et aux familles.

Dans trois cas, les contrats de travail ont été prolongés. Un réfugié entamera une formation d'agropraticien. Pour Jacques Bourgeois, directeur de l'USP, l'objectif est atteint.

Pas sans difficultés

Toutefois, il a été difficile de trouver des exploitants, avoue M. Bourgeois; mais leur nombre augmente. Pour de nombreux agriculteurs, verser un salaire de 2300 francs le premier mois puis de 3200 est un obstacle.

De plus, le déroulement du projet est complexe, selon le Secrétaire d'Etat. L'USP cherche des exploitants en Suisse et transmet les inscriptions au SEM qui coordonne le projet à l'échelle nationale. Le SEM les communique ensuite aux cantons qui prennent contact avec les organisations chargées des migrants. Ces dernières cherchent les participants.

Travail pénible

Les réfugiés doivent également répondre à certains critères essentiels dans l'agriculture. Ils doivent absolument être en bonne forme physique, être prêts à effectuer des tâches éprouvantes. Mais "l'idée de longues journées passées dehors, dans la chaleur ou sous la pluie, peut être dissuasive", souligne M. Gattiker. Dans trois cas, le contrat a été interrompu prématurément pour des raisons de santé.

Il faut donc trouver des employeurs et des employés qui répondent au profil. "Nous sommes sur la bonne voie", a dit Jacques Bourgeois. Certains cantons ont développé des projets similaires, ce qui simplifie la recherche d'exploitants et de candidats.

Jusqu'en 2018

Le projet pilote sera poursuivi jusqu'en 2018, car il profite à tous les participants. Depuis le début de l'année, l'USP a enregistré des demandes de 14 exploitations, pour les 17 places disponibles. Dix réfugiés ont déjà été engagés.

Selon M. Gattiker, il y a du potentiel pour l'avenir. Des centaines de réfugiés seraient en mesure de travailler dans l'agriculture. Ils n'ont pas besoin d'une longue formation. Le projet veut aussi décharger l'aide sociale, mais il ne peut pas préciser le montant des économies.

Grâce au salaire versé par les exploitants, les migrants sont autonomes financièrement. En mai 2015, Jacques Bourgeois avait rappelé que "80% des réfugiés reconnus avec un permis B se trouvent à l'aide sociale".

ATS