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Des Genevois plongés dans l'humanité des conflits grâce au virtuel

Les participants à "L'Ennemi" vont grâce au virtuel à la rencontre de six combattants de trois conflits.

Hélène Adamo, L'Ennemi

(sda-ats)

"C'est une nouvelle forme d'information, cela me donne envie de suivre à nouveau davantage l'actualité". Grâce à une expérience virtuelle, des Genevois se retrouvent plongés dans l'"humanité" de combattants, en dialogue direct avec six d'entre eux de trois conflits.

"On ne vous emmène pas à la guerre. C'est une approche journalistique", tient à rassurer avant d'entrer dans la salle la cheffe de projet Hélène Adamo. Pour "donner la parole" à des belligérants qui ne sont jamais entendus. Pour la première fois en Suisse, la quatrième dans le monde, le dispositif de "L'Ennemi" pensé par le photojournaliste belge Karim Ben Khelifa est opérationnel jusqu'à samedi prochain dans le cadre du Geneva International Film Festival (GIFF).

Comme tous les autres participants, cinq au maximum par heure, Flora, 23 ans, et Eleanor, 22 ans, vont écouter, observer et se rapprocher en déambulant vers six combattants reproduits de manière authentique mais virtuelle. Ceux-ci sont deux "ennemis" du conflit interne en République démocratique du Congo (RDC), deux autres de la guerre des gangs au Salvador et deux au Proche-Orient.

"Il y a une petite appréhension", confie Flore au moment de revêtir son casque sur la tête. Venue avec son amie de confession juive et dont le cousin a participé au tournage de l'une ses séquences, elle ne sait pas trop à quoi s'attendre. Eleanor "m'a dit qu'on allait au cinéma", glisse-t-elle.

Premier lancement mené en 2017

Moins d'une heure plus tard, le sentiment d'avoir été spectatrice d'un film a laissé place à celui d'avoir été actrice, de mieux saisir les motivations d'un recours à la violence qui semblait incompréhensible. "C'était incroyable", dit à chaud Eleanor qui admet avoir versé quelques larmes.

Pour Flore aussi, l'expérience a été haute en émotions. Face aux belligérants de la RDC, elle dit "avoir eu du mal à s'approcher". "Ils me faisaient peur", confie-t-elle. Pour autant, les témoignages de ces combattants sur la violence, leur quotidien, leur avenir ont donné une nouvelle épaisseur à sa compréhension des conflits.

"Plus humains, plus accessibles". Eleanor veut désormais en savoir davantage. Flore va elle à nouveau se pencher sur une actualité que la télévision lui avait fait délaisser, faute de pouvoir "faire quelque chose".

Une remarque qui arrache des larmes à Hélène Adamo. Bouleversée, elle vient d'assister au succès de l'objectif affiché de "L'Ennemi", offrir une approche nouvelle qui rend plus actif.

Il aura fallu quatre ans de travail avant le premier lancement en 2017. Et des mois de travail sur chacun des entretiens qui ont permis de constituer la trame de l'expérience. Avec une enveloppe importante pour un dispositif qui a rassemblé jusqu'à 120 collaborateurs. Lorsque celui-ci est prévu pour 20 personnes par heure, le maximum, le coût du matériel seulement atteint déjà plus de 285'000 francs au total.

Belligérant aussi affecté

"L'Ennemi" a aussi affecté directement l'un des combattants. Seul d'entre eux à avoir observé le résultat final, l'Israélien Gilad a demandé si le Palestinien avait été tué ou non. Plus tard, il le nommera même pour la première fois et admettra même avoir pensé à lui pendant le combat à plusieurs reprises, pendant quelques secondes.

Partenaire de cette rencontre genevoise avec le GIFF, l'organisation internationale de consolidation de la paix Interpeace, établie elle-même à Genève, salue en "L'Ennemi" une "façon brillante et nuancée de réhumaniser les conflits". Pas pour les "légitimer" ni "les excuser", mais pour saisir l'étendue des "souffrances", des "craintes" mais aussi des souhaits pour l'avenir que portent les belligérants, dit son directeur des relations institutionnelles Alexandre Munafò.

Une étape indispensable selon lui pour la résolution de conflits à long terme. Pour Eleanor, le plus dur sera de convaincre sa mère pro-israélienne à participer à l'expérience.

Outre le dispositif physique, une application a été lancée. "On se fait beaucoup d'amis avec 'L'Ennemi'", glisse Hélène Adamo. Plus de 8000 rencontres avec un combattant ont eu lieu dans de nombreux pays.

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