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Il sera peut-être possible un jour de donner aux personnes souffrant d’obésité un traitement simulant la restriction calorique, selon cette étude. Deux molécules testées sur des souris ont donné des résultats positifs (archives).

KEYSTONE/AP/JOERG SARBACH

(sda-ats)

La restriction alimentaire rend les souris plus minces, en meilleure santé, et prolonge leur durée de vie. Des chercheurs suisses et suédois ont trouvé des molécules qui imitent la restriction calorique, de quoi imaginer de nouveaux traitements contre l’obésité.

On savait déjà qu’une réduction de l’apport calorique jusqu’à 40% avait un effet bénéfique sur la santé animale: les animaux étudiés vivent plus longtemps, leur glycémie baisse plus rapidement, et leur organisme brûle davantage de graisse, a indiqué le Fonds national suisse (FNS) jeudi dans un communiqué.

Or une grande partie de ces changements physiologiques est attribuable aux bactéries intestinales, selon cette nouvelle étude publiée dans la revue Cell Metabolism.

Une équipe internationale emmenée par Mirko Trajkovski, professeur boursier FNS à l’Université de Genève, a réduit l’apport calorique chez des souris pendant 30 jours et a observé une quantité accrue de graisse beige, un type de tissu adipeux qui brûle la graisse corporelle et contribue à la perte de poids.

Changement de microbiome

Les scientifiques ont démontré l’effet de la flore microbienne. Ils ont prélevé des microbes intestinaux dans le caecum (la première partie du côlon) de souris soumises à une restriction calorique et les ont transférés chez des souris suivant une alimentation normale et ne possédant pas de flore microbienne, car ayant toujours vécu en environnement stérile.

Ces dernières ont alors développé davantage de cellules de graisse beige et se sont amincies. Cela montre que le seul changement de microbiome s’est révélé bénéfique pour leur santé.

En analysant la composition du microbiome, l’équipe genevoise a constaté que les bactéries intestinales des souris suivant une restriction calorique produisaient moins de complexes toxiques appelés lipopolysaccharides (LPS). Une fois les taux sanguins de LPS revenus à la normale, les souris perdaient de nombreux bienfaits de leur régime.

Nouvelles molécules contre l’obésité

Il est connu que le complexe bactérien LPS déclenche une réponse immunitaire en activant un récepteur spécifique appelé TLR4. Les scientifiques ont pu reproduire l’effet de la restriction calorique en modifiant génétiquement des souris pour les priver de ce récepteur.

"De toute évidence, le système immunitaire ne combat pas seulement les infections, il joue également un rôle déterminant dans la régulation du métabolisme", explique Mirko Trajkovski, cité dans le communiqué.

Outre le taux accru de graisse beige et la perte de poids, ces souris réagissent aussi mieux à l’insuline, leur foie métabolise le sucre et la graisse de manière plus saine, et elles résistent davantage au froid. "Ces découvertes ouvrent un tout nouveau champ de recherche sur l’obésité", ajoute le Pr Trajkovski.

Simuler la restriction calorique

L’équipe a décidé de tester deux molécules: l’une réduit directement la production de LPS toxique par les bactéries et l’autre bloque le récepteur TLR4 qui reçoit l’influx de LPS. Chez les souris, tous deux ont eu un impact positif comparable au fait de manger moins.

"Il sera peut-être possible un jour de donner aux personnes souffrant d’obésité un traitement simulant la restriction calorique", selon le Pr Trajkovski. "Nous étudions actuellement les changements précis dans les colonies bactériennes, et nous testons également d’autres complexes réduisant la production et l’influx de LPS".

Des chercheurs de l’Hôpital de l’Île à Berne et de l’unité biotech AstraZeneca IMED à Göteborg (S) ont également participé à ces travaux.

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ATS