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Des multinationales sur le banc des accusés à Genève

Ce contenu a été publié le 23 juin 2014 - 18:09
(Keystone-ATS)

Huit entreprises multinationales ont été lundi à Genève sur le banc des accusés pour violations de droits humains. Divers témoignages ont été entendus lors d'une session du Tribunal permanent des peuples auquel participe Jean Ziegler.

Plusieurs ONG ont lancé une semaine de mobilisation contre l'impunité des multinationales à l'occasion de la dernière semaine de la session du Conseil des droits de l'homme. Elles font campagne en faveur de normes internationales contraignantes pour les sociétés transnationales et soutiennent un projet de résolution allant dans ce sens, présenté à l'ONU par l'Equateur.

Lors de la réunion du Tribunal des peuples, le jury, constitué notamment du sociologue genevois Jean Ziegler, a entendu des plaintes des représentants des victimes de la pollution pétrolière provoquée par Chevron en Amazonie, ainsi que de Shell au Nigeria. L'industrie minière a été aussi accusée d'avoir commis des abus.

Plusieurs cas ont été présentés concernant Glencore aux Philippines, au Pérou, en Colombie, en République démocratique du Congo (RDC) et en Zambie. L'entreprise minière canadienne Pacific Rim a été mise en cause pour son rôle au Salvador, la britannique Lonmin en Afrique du Sud.

D'autres cas de violations des droits de l'homme ont été examinés concernant Coca-Cola en Colombie, la compagnie de distribution d'eau israélienne Mekorot en Palestine et l'entreprise espagnole d'hydroélectricité Hidralia active au Guatemala.

Hostilité des pays industrialisés

Les pays industrialisés s'opposent au projet de résolution présenté par l'Equateur et l'Afrique du Sud au Conseil des droits de l'homme, alors que près de 80 pays en développement le soutiennent. Le projet de résolution demande la création d'un groupe de travail pour élaborer un traité sur les entreprises multinationales en relation avec les droits de l'homme. Le vote est prévu en fin de semaine.

"C'est inquiétant que les gouvernements de l'Union européenne, la Suisse, le Japon, le Canada, les Etats-Unis sont davantage préoccupés à défendre les intérêts des entreprises plutôt que les droits de l'homme", a affirmé Brid Brennan, représentante de l'Institut transnational et de la Campagne mondiale pour démanteler le pouvoir corporatif.

Le Tribunal permanent des peuples a été créé en juin 1979 par Lelio Bass, un avocat, écrivain et sénateur italien. Il est un "tribunal d’opinion" inspiré par l’expérience des tribunaux sur le Vietnam et sur les dictatures en Amérique latine. Il permet de donner une voix aux victimes ainsi qu'une opportunité de réclamer des réparations.

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