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Une centaine de personnes handicapées d'une vingtaine de pays européens ont manifesté mercredi à Bruxelles. Accompagnées de leurs assistants personnels, elles ont réclamé une existence "autonome", loin des institutions spécialisées qui les isolent de la société.

"Ce que nous voulons? La liberté. Ce dont nous avons besoin? De l'assistance", ont scandé les manifestants qui avaient répondu à l'appel du Réseau européen pour la vie autonome (Enil), sous les fenêtres de la Commission et du Parlement européens. Baptisée "marche des libertés", la manifestation a lieu tous les deux ans, mais c'est la première fois qu'elle se déroulait dans la capitale européenne.

"Je suis une femme, une maman de deux enfants et j'ai le droit de vivre comme n'importe qui", a déclaré Corinne Lassoie, une Belge de 52 ans qui défilait en fauteuil électrique, sous le soleil.

Très dépendante depuis un accouchement catastrophique survenu alors qu'elle avait 24 ans, Mme Lassoie est pratiquement aveugle. Elle réclame un "changement de mentalité" et des moyens financiers pour que "les personnes en situation de handicap vivent au sein d'une société plus inclusive, et non dans des institutions qui les isolent".

Combat permanent

"Les personnes handicapées doivent être des citoyens à part entière et pouvoir vivre selon leurs propres aspirations", abonde Mathilde Fuchs, venue de Rennes, dans l'ouest de la France. Cette jeune femme de 32 ans, qui se déplace également en fauteuil roulant, a "étudié l'électronique", mais "personne ne (l')a engagée", regrette-elle.

"C'est un combat permanent pour essayer de vivre normalement, les choses banales demandent beaucoup d'énergie", confie Sidney Bozec. Ce Bordelais de 28 ans bénéficie d'un soutien financier de l'Etat français pour que six assistants puissent se relayer afin d'assurer une présence 24 heures sur 24 à ses côtés. Mais il se dit "inquiet" que ces aides diminuent.

"Personne ne doit vivre dans une institution. Les personnes handicapées doivent pouvoir vivre en famille, mais pour cela il faut des moyens", résume la présidente du réseau Enil, Jamie Bolling. Elle s'est réjouie de la présence de manifestants venus notamment du Bélarus, de Bulgarie, d'Allemagne, de France ou encore d'Espagne.

ATS