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Des scientifiques ont plaidé vendredi pour l'initiative des Verts sur l'économie verte. Ici, des sacs poubelles lors d'une action des écologistes en gare de Berne (archives).

KEYSTONE/MANUEL LOPEZ

(sda-ats)

L'économie verte est non seulement nécessaire mais réalisable. Et ce sans forcément changer nos habitudes. Si nous ne misons pas sur elle, les générations futures en pâtiront, ont plaidé des scientifiques des EPF en appelant à soutenir l'initiative des écologistes.

"Si nous ne misons pas aujourd'hui sur l'économie verte, les générations futures devront faire face à des coûts plus élevés en raison de la destruction des ressources naturelles", a lancé vendredi lors d'une conférence de presse Mathias Wackernagel, "père" de la notion d'empreinte écologique au niveau international.

Et son confrère Anthony Patt, expert en climatologie à l'EPF Zurich, de rappeler que 73% de l'empreinte écologique de la Suisse est due aux émissions de CO2. L'Accord de Paris sur le climat prévoit de les réduire de moitié. "Notre style de vie actuel deviendrait ainsi non seulement durable, mais aussi économiquement soutenable sur le long terme".

Pas changer nos habitudes

Pour l'expert, le texte des Verts n'exige justement pas de bouleverser le mode de vie actuel des Suisses. Ce serait, certes, encore mieux si tout le monde changeait fondamentalement ses habitudes et réduisait sa consommation, reconnaît-il en substance.

Mais pour lui, l'image de la douche froide, agitée par les opposants à l'initiative, ne correspond pas à la réalité. Ce qui compte, c'est de réaliser un tournant technologique dans les domaines de l'énergie et de la mobilité.

Par exemple, conduire des voitures plus petites, qui consomment moins, ou des voitures électriques fonctionnant à l'énergie solaire: cela contribuerait déjà à faire baisser sensiblement les émissions de CO2, et donc l'empreinte écologique de la Suisse.

La mise en place de standards de qualité pour les produits consommés en Suisse, comme cela existe déjà pour le bois et le biocarburant, est aussi une piste possible.

Economie verte "mainstream"

Et notre pays n'est pas un cas à part, a martelé l'ancien patron de l'Office fédéral de l'environnement Bruno Oberle, désormais titulaire de la Chaire d'économie verte à l'EPFL. "Pensez à l'Accord de Paris, aux initiatives prises par l'UE, le G7, le G20 et même par la Russie de Poutine."

L'économie verte est devenue "mainstream" et sera une réalité, un jour ou l'autre, fait-il valoir. Car en utilisant plus efficacement les ressources, on renforce la croissance économique et garantit des emplois. Et on soutient aussi l'innovation technologique, déjà élevée en Suisse.

Comme le recyclage

Le fonctionnement proposé par l'initiative est finalement proche de celui du recyclage, un succès en Suisse: la Confédération fixe des objectifs, et l'économie prend elle-même ses dispositions pour les atteindre, a fait valoir Peter Knoepfel, professeur honoraire de politiques publiques à l'Université de Lausanne.

Dès lors, les opposants au texte devraient collaborer, plutôt que peindre le diable sur la muraille et mener une campagne défensive basée sur la peur, comme le fait economiesuisse. Car au final, "c'est la majorité politique de droite du Parlement qui décidera de la mise en oeuvre de l'initiative" en cas de oui le 25 septembre, a-t-il tenu à rappeler.

Trois scénarios

Pour appuyer ses arguments, le comité scientifique a présenté trois scénarios possibles pour les décennies à venir. Dans le premier, la situation actuelle se poursuit. Dans le deuxième, c'est la stratégie énergétique du Conseil fédéral qui prévaut, et dans le troisième l'"économie verte".

Le professeur de l'EPFZ et entrepreneur Anton Gunzinger a calculé le bilan coût/utilité pour les entreprises suisses, en basant ses projections sur l'évolution du prix du pétrole.

La comparaison des scénarios pour l'année 2035 montre que la voie "économie verte" arrive à un résultat nettement meilleur, selon M. Gunziger. Ce scénario coûte certes plus cher en terme de dépenses en Suisse même, mais on économiserait 30 milliards de francs par année sur les dépenses à l'étranger en énergie fossile, car il faudrait importer moins de ressources.

Le comité des scientifiques de soutien au texte des Verts comprend également des personnalités comme l'ancien conseiller aux Etats radical et professeur de droit Gilles Petitpierre, l'ancien conseiller national PDC Jacques Neyrinck, ou encore le professeur d'économie de l'Université de Fribourg Sergio Rossi.

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ATS