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A l'endroit des extractions de gravier du Rhône, la nappe phréatique a atteint des niveaux inhabituellement élevés (archives).

KEYSTONE/SACHA BITTEL

(sda-ats)

Deux élus au Grand Conseil valaisan dénoncent des dysfonctionnements au sein de l'Etat du Valais. Documents à l'appui, ils assurent que le canton a mis hors de cause une entreprise à l'origine de la remontée de la nappe phréatique et de dégâts. Le canton conteste.

"En tant que citoyens et députés au Grand Conseil valaisan, nous demandons des explications", ont indiqué Albert Pitteloud et Blaise Melly devant la presse réunie à Sion. Les deux élus UDC ont d'abord planté le décor en rappelant qu'en 2012, deux entreprises ont extrait du gravier du lit du Rhône.

Le problème, c'est qu'elles ont creusé plus que ne les autorisait le canton, provoquant une rupture de l'étanchéité entre le fleuve et la nappe phréatique et des inondations, notamment de terrains d'Albert Pitteloud. L'élu a porté l'affaire jusqu'au Tribunal fédéral qui a condamné le canton, propriétaire du Rhône, à le dédommager.

"Lors des auditions devant le juge, je me suis rendu compte de bizarreries. J'ai alors demandé d'obtenir la totalité du dossier", a expliqué Albert Pitteloud. Il souligne avoir attendu que son affaire privée soit close pour s'exprimer devant les médias et leur transmettre les pièces sur lesquels les deux députés s'appuient pour dénoncer "les pratiques tendancieuses" de l'Etat et une "forfaiture collective".

Une entreprise, deux décomptes

Le bureau d'experts mandaté par l'Etat du Valais a estimé que les deux entreprises étaient responsables de la remontée de la nappe et des dégâts, ont souligné Albert Pitteloud et Blaise Melly. L'une d'elles a reconnu sa responsabilité, l'autre a eu une attitude différente.

Dans un premier temps, elle a transmis un décompte avec le volume de gravier extrait. Plus d'une année et demie plus tard, elle a envoyé un deuxième décompte avec un volume extrait plus bas et dans les normes.

Dans un rapport complémentaire, le bureau d'experts indique que "si l'hypothèse que le volume annoncé dans le deuxième décompte est correct, l'entreprise n'est pas responsable. Il s'agit clairement d'un rapport de complaisance", estime Blaise Melly.

Sur la table du parlement valaisan

"Le deuxième décompte de l'entreprise a mystérieusement été accepté par l'Etat du Valais qui a reporté les 4 millions de francs devant financer les réparations des dégâts sur l'autre entreprise. Cette dernière a refusé de porter le chapeau et s'est opposée au commandement de payer la totalité de la somme", ont assuré les deux élus.

Albert Pitteloud et Blaise Melly s'interrogent sur les raisons qui ont poussé l'Etat du Valais à "déresponsabiliser" l'une des deux entreprises. Ils se demandent "qui assumera au final les quelque deux millions de francs" et craignent que ce ne soient "les contribuables valaisans".

Ils déposeront une interpellation urgente sur le sujet au Grand Conseil la semaine prochaine. Ils déposeront également une motion demandant à la commission de gestion (Cogest) d'examiner la question.

Action en justice de l'Etat du Valais

Tony Arborino, chef de l'Office valaisan de la construction du Rhône, conteste la version des faits présentée à la presse. "Le dossier est très complexe et les éléments sont partiels et sortis de leur contexte", a-t-il indiqué à l'ats.

Selon lui, le Tribunal fédéral dans son arrêt du 28 juin dernier "ne ferme pas la porte à l'une ou l'autre responsabilité". L'Etat du Valais a "adapté sa stratégie et ouvert une action en justice contre les deux entreprises".

Le canton compte bien se faire rembourser les 4 millions de francs qu'il a préfinancés. "Nous avons pris toutes les mesures nécessaires pour que les intérêts de l'Etat, et donc des contribuables valaisans, soient préservés", assure Tony Arborino qui ne souhaite pas en dire plus afin de ne pas entraver l'action en cours.

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ATS