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Le maire de Caracas Antonio Ledezma, 62 ans, a été arrêté mardi. Il avait appelé à des manifestations contre la nouvelle assemblée constituante voulue par le président socialiste Nicolas Maduro (archives).

KEYSTONE/EPA EFE/CRISTIAN HERNANDEZ

(sda-ats)

Deux dirigeants de l'opposition vénézuélienne ont été arrêtés dans la nuit de lundi à mardi. Ce durcissement intervient alors que le pays est sous le coup de sanctions américaines après l'élection dans le sang dimanche d'une Assemblée constituante.

"Nous avons reçu des informations des services de renseignements qui faisaient état d'un plan d'évasion", a indiqué mardi la Cour suprême dans un communiqué. Elle a révoqué leurs assignations à résidence, affirmant que les deux hommes n'ont pas respecté leurs "conditions de détention" à domicile interdisant tout "prosélytisme politique".

Leopoldo Lopez, 46 ans, fondateur du parti Voluntad Popular (Volonté populaire), et le maire de Caracas Antonio Ledezma, 62 ans, avaient appelé à des manifestations contre la nouvelle assemblée constituante voulue par le président socialiste Nicolas Maduro.

Intimidation

"Ils ont pris Leopoldo Lopez et le maire Ledezma pour nous faire peur et nous démoraliser", a déclaré le député d'opposition Freddy Guevara, coordinateur national de Volonté populaire. Mais "la prison et les persécutions contre nos responsables n'arrêteront pas la rébellion".

La coalition de l'opposition Table de l'unité démocratique (MUD) a appelé à une nouvelle manifestation mercredi à Caracas afin de dénoncer "l'illégitimité" de la nouvelle Assemblée.

Vives critiques

Leurs arrestations ont suscité de vives critiques à l'étranger. Dans un communiqué publié à Genève, le Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, s'est dit "profondément inquiet". Il a demandé au gouvernement vénézuélien "de libérer immédiatement tous ceux qui sont détenus pour exercer leur droit au libre rassemblement pacifique, à l'association et à l'expression".

Les Etats-Unis ont exprimé leur "profonde inquiétude" après cette incarcération, considérée comme une "nouvelle preuve de l'autoritarisme du régime" de M. Maduro. Comme l'Union européenne, Washington a estimé que ces arrestations constituaient un nouveau "pas dans la mauvaise direction".

"Nous continuons à appeler le gouvernement du Venezuela à travailler à des mesures urgentes pour rétablir la confiance, dans l'objectif d'une désescalade des tensions", a de son côté déclaré une porte-parole de la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini.

Nouvelles sanctions

Le président du Parlement européen Antonio Tajani a pour sa part jugé que ces arrestations étaient "un nouveau pas vers la dictature au Venezuela". Dans des lettres envoyées mardi aux présidents de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du Conseil européen Donald Tusk, il demande "s'il est possible" d'imposer des sanctions à l'encontre des "membres du gouvernement vénézuélien, y compris son président Nicolas Maduro et son entourage".

Qualifiant ces élections d'"illégitimes" et M. Maduro de "dictateur", Washington avait déjà annoncé lundi soir de nouvelles sanctions avec le "gel" de "tous les avoirs" que posséderait le président vénézuélien aux Etats-Unis, une mesure extrêmement rare contre un chef d'Etat en exercice.

M. Maduro est le quatrième chef d'Etat seulement à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant les présidents syrien Bachar al-Assad, nord-coréen Kim Jong-Un et zimbabwéen Robert Mugabe.

"Un peuple libre"

"Je n'obéis pas aux ordres impérialistes, je n'obéis pas aux gouvernements étrangers, je suis un président libre", a rétorqué M. Maduro dans une allocution télévisée. Selon lui, les décisions de Washington soulignent "l'impuissance, le désespoir, sa haine" après le scrutin de dimanche.

"Qu'ils prennent les sanctions qui leur plaisent, mais le peuple vénézuélien a décidé d'être libre", a-t-il ajouté. Lundi, M. Maduro avait souhaité que la Constituante lève l'immunité des parlementaires de l'opposition pour qu'ils soient jugés.

L'opposant Julio Borges, président du Parlement, a assuré que le pouvoir législatif continuerait de siéger malgré l'élection de la Constituante. Selon lui, le Venezuela s'est réveillé lundi "plus divisé et isolé du reste du monde".

ATS