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Des manifestants dans la rue, à Nairobi, la capitale du Kenya.

KEYSTONE/AP/KHALIL SENOSI

(sda-ats)

Deux manifestants ont été tués vendredi dans l'ouest du Kenya au cours d'affrontements avec la police. Des centaines de personnes bravaient l'interdiction de manifester pour faire entendre leur voix en vue de la présidentielle du 26 octobre.

A Bondo, la ville d'où est originaire le leader de l'opposition, Raila Odinga, des coups de feu ont été tirés pendant qu'une large foule défiait des policiers devant le poste de police local.

Deux personnes ont été tuées par balle, ont indiqué à l'AFP des témoins, qui ont mis en cause la police. "Pourquoi tirent-ils sur des gens qui manifestent pacifiquement? Pourquoi ont-ils provoqué les gens en tirant? Maintenant, ils ont tué deux personnes", a déclaré l'un d'entre eux, Wilfred Ojwang.

Violences post-électorales

Ces décès sont les premiers depuis les violences qui avaient marqué les jours suivant les élections générales du 8 août. Les heurts ont fait au moins 37 morts, dont 35 tués par la police, selon la Commission nationale kényane des droits de l'Homme (KNCHR).

Le climat politique est particulièrement tendu au Kenya depuis la décision le 1er septembre de la Cour suprême d'invalider la réélection du sortant Uhuru Kenyatta à la présidentielle du 8 août, face à M. Odinga.

Saisie par l'opposition, la Cour avait mis en avant des irrégularités dans la transmission des résultats et pointé du doigt la Commission électorale (IEBC) pour justifier cette décision. Il s'agit d'une première en Afrique, qui avait été saluée pour son courage à travers le monde.

M. Odinga a annoncé mardi son retrait de la présidentielle du 26 octobre. Selon lui, l'IEBC n'avait pas entrepris sa refonte nécessaire pour organiser une élection crédible, notamment l'éviction de certains de ses responsables.

L'opposant estime que son retrait implique l'annulation du scrutin et l'organisation d'un tout nouveau processus électoral. M. Kenyatta soutient que l'élection doit avoir lieu, avec ou sans son principal rival.

L'IEBC semble, elle, décidée à maintenir l'élection et assure que M. Odinga n'a pas encore formalisé son retrait. Le président Uhuru Kenyatta a signé vendredi l'allocation d'un budget spécial de 12 milliards de shillings (plus de 110 millions de francs) pour l'organisation du nouveau scrutin.

Manifestations interdites

La coalition d'opposition, Nasa, a été choquée par la décision jeudi du gouvernement d'interdire les manifestations dans les centres d'affaires des trois principales villes du pays, Nairobi, Mombasa et Kisumu. Elle n'a pas hésité à défier cet ordre.

A Kisumu, l'un des fiefs de M. Odinga, sur les rives du lac Victoria (ouest), les manifestants ont bloqué les rues principales, enflammant des piles de pneus. La police a utilisé du gaz lacrymogène et tiré des coups de feu pour les disperser. Une personne a été blessée par balles et hospitalisée.

A Mombasa, la deuxième agglomération du Kenya sur la côte (est), la police a dispersé au gaz lacrymogène une foule qui tentait d'accéder au centre-ville. A Nairobi, certains des principaux leaders de l'opposition ont tenté de mener une marche à travers la ville. Mais la police a recouru au gaz lacrymogène et les manifestants se sont dispersés.

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ATS