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Illustration des ondes gravitationnelles en février, lors de leur première mise en évidence. (archives(

KEYSTONE/AP/ANDREW HARNIK

(sda-ats)

Une équipe scientifique internationale a annoncé mercredi avoir détecté à nouveau des ondes gravitationnelles. Il ne s'agit à ce jour que de la deuxième observation de ce phénomène prédit par la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein en 1915.

La toute première détection directe de ces ondes gravitationnelles avait été annoncée le 11 février, un événement historique après 40 ans d'efforts. Cela doit permettre de mieux comprendre les mystères de l'univers.

Cette détection a été effectuée comme la première fois par l'instrument américain Ligo (Laser Interferometer Gravitational-Wave Observatory), formé de deux détecteurs identiques de quatre kilomètres de long, situés à 3000 kilomètres l'un de l'autre, en Louisiane (sud) et dans l'Etat de Washington (nord-ouest).

"Nous savons qu'avec cette seconde détection, les propriétés mesurées par le Ligo vont nous permettre de commencer à répondre à certaines des questions fondamentales en astronomie gravitationnelle, comme le mystère de la formation des trous noirs", s'est réjoui la professeur Sheila Rowan, directrice de l'Institut de recherche gravitationnelle de l'université de Glasgow, membre de l'équipe de recherche.

Fusion de trous noirs

Ces ondes résultent de légères perturbations de la trame de l'espace-temps sous l'effet du déplacement d'un objet massif, un peu comme un poids déforme un filet. Celles observées cette fois-ci ont été produites par la fusion, il y a 1,4 milliard d'années, de deux trous noirs.

L'analyse des données, recueillies le 26 décembre, a permis de déterminer qu'ils étaient 14 et 8 fois plus massifs que notre Soleil, pour un diamètre inférieur à 100 kilomètres, ont précisé ces astrophysiciens.

Ils ont annoncé leur détection à la conférence de l'American Astronomical Society réunie à San Diego, en Californie. Leurs travaux vont être publiés dans les Physical Review Letters.

Les deux trous noirs de la première détection, le 14 septembre 2015, avaient une masse de 29 et 36 fois celle du soleil.

Prédictions de fréquence

Bien que le signal capté le 26 décembre dernier ait été plus faible que le premier, cette deuxième détection est aussi confirmée avec plus de 99,99% de certitude.

La fusion de ces trous noirs a dégagé une quantité d'énergie équivalente à la masse du soleil et a été convertie en ondes gravitationnelles, précisent les scientifiques.

"Avec les détections de ces deux phénomènes de forte intensité en quatre mois pour notre première campagne d'observation, nous pouvons commencer à faire des prédictions sur la fréquence possible de détection d'ondes gravitationnelles à l'avenir", estime Albert Lazzarini, de l'Institut de Technologie de Californie (Caltech), directeur adjoint du Ligo.

"Le Ligo nous procure une nouvelle approche pour observer certains des phénomènes parmi les plus obscures mais aussi les plus violents dans l'univers", ajoute-t-il.

Invisibles

Outre les trous noirs, il a cité aussi les étoiles à neutrons, les objets les plus denses du cosmos.

"Nous commençons à avoir un aperçu des nouvelles informations d'astrophysique qu'on peut obtenir uniquement avec des détecteurs d'ondes gravitationnelles", souligne quant à lui David Shoemaker, un astrophysicien du Massachusetts Institute of Technology qui a dirigé le programme de modernisation du Ligo.

Selon lui, les premières applications sont pour les trous noirs parce qu'ils n'émettent pas de lumière et sont de ce fait invisibles sans les ondes gravitationnelles.

ATS