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Martin Winterkorn est accusé de s'être entendus pour faire installer un logiciel destiné à fausser les émissions polluantes de certains modèles de Volkswagen (archives).

Keystone/AP/MICHAEL SOHN

(sda-ats)

Les autorités américaines ont engagé jeudi des poursuites judiciaires contre Martin Winterkorn, l'ancien PDG de Volkswagen. Il est accusé de s'être entendus pour faire installer un logiciel destiné à fausser les émissions polluantes de certains modèles.

Cinq autres dirigeants du groupe automobile allemand sont également poursuivis pour les mêmes raisons. Ils "ont sciemment et délibérément commis une fraude" pour contourner les lois américaines en matière de pollution, peut-on lire dans des documents judiciaires déposés devant un tribunal de Detroit (Michigan).

Le but "de la conspiration était d'enrichir illégalement VW et de s'enrichir eux-mêmes en trompant les régulateurs pour obtenir les certifications nécessaires afin de commercialiser des véhicules diesel VW aux Etats-Unis, et de les vendre aux consommateurs américains sachant clairement que ces véhicules étaient conçus pour déjouer les règles standard en matière d'émissions", accuse-t-on de même source.

Cette "conspiration" a pris effet "d'au moins mai 2006" à "au moins novembre 2015" mais M. Winterkorn n'a personnellement été mis au courant qu'en mai 2014, un an au moins avant que le scandale n'éclate au grand jour. Les autorités américaines indiquent avoir en leur possession des courriels échangés entre des employés de Volkswagen, qui mettaient souvent en copie certains des dirigeants mis en cause.

Onze millions de voitures touchées

Richard Dorenkamp, Heinz-Jakob Neusser, Jens Hadler, Bernd Gottweis et Jürgen Peter sont les cinq autres dirigeants inculpés par le département de la Justice. Oliver Schmidt, à la tête du service de conformité règlementaire de VW aux Etats-Unis de 2014 à mars 2015, avait accepté en décembre de plaider coupable dans cette affaire et de coopérer avec les autorités américaines après avoir été arrêté à Miami où il passait des vacances. Il avait écopé d'une peine de sept ans de prison et d'une amende de 400'000 dollars.

Volkswagen avait reconnu à l'automne 2015 avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600'000 aux Etats-Unis, d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution et dissimulant des émissions dépassant parfois jusqu'à 40 fois les normes autorisées. Le scandale a déjà coûté au constructeur plus de 25 milliards de dollars en rappels de véhicules et procédures judiciaires. Des recours en nom collectif ont également été déposés.

Le géant allemand de l'automobile s'est efforcé de tourner la page du scandale en débarquant il y a peu Matthias Müller, appelé à remplacer Martin Winterkorn au plus fort de la tourmente. M. Müller fait lui-même l'objet d'une enquête dans cette affaire.

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ATS