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Dix ans après sa création, le PBD lutte pour sa survie

Le PBD ne parvient plus à briser la spirale des revers électoraux (archives).

KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

(sda-ats)

Le PBD souffle ses 10 bougies mais l'heure n'est plus à la fête. Trente mois après le retrait de sa conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf, le parti ne parvient pas à briser la spirale des revers électoraux. Et sa présence reste confidentielle en Suisse romande.

C'est un séisme politique qui conduit à la formation du Parti bourgeois démocratique (PBD). Le 12 décembre 2007, le conseiller fédéral UDC Christoph Blocher n'est pas réélu. L'Assemblée fédérale lui préfère la conseillère d'Etat grisonne Eveline Widmer-Schlumpf, également membre de l'UDC.

L'UDC hurle à la trahison. Elle exclut du parti national sa section grisonne. Et cette dernière fonde six mois plus tard une formation nommée dans un premier temps Parti bourgeois suisse. Une année plus tard, une scission se produit à son tour au sein de l'UDC bernoise. Une frange d'élus fidèles à son conseiller fédéral Samuel Schmid fonde le Parti bourgeois démocratique (PBD).

Début en fanfare

Le PBD national prend son envol le 1er novembre 2008. Il se profile comme un parti du centre qui souhaite prendre ses distances avec le "populisme" de l'UDC. Il se montre favorable à la libre circulation des personnes, à l'échange automatique d'informations, ainsi qu'à la promotion de la condition féminine.

En Suisse romande, 6 sections "cantonales" voient le jour: Valais (janvier 2009), Jura bernois (mars 2009), Fribourg (avril 2010), Neuchâtel (octobre 2010), Vaud (avril 2011) et Genève (février 2013).

Le nouveau venu sur la scène politique épate les experts au cours de ses cinq premières années. Il rafle 88 sièges dans les parlements cantonaux. Près de 5,4% des électeurs lui font confiance lors des élections fédérales de 2011. Dans la foulée, son président Martin Landolt se montre ambitieux: son parti doit dépasser les 10% en 2019.

L'effet EWS

Pour les observateurs du microcosme politique, ce succès tient à un facteur décisif: l'effet Widmer-Schlumpf. La Grisonne est alors la figure de proue qui permet à son parti d'exister dans l'espace médiatique. Le PBD bénéficie du coup d'une visibilité dont aucun autre petit parti ne peut se prévaloir.

La conseillère fédérale attend le résultat des élections fédérales de 2015 avant d'annoncer sa démission. Malgré cela, le parti amorce un recul: il ne recueille que 4,1% des suffrages. Il perd deux sièges mais conserve huit élus sous la Coupole. Renforcés par le virage à droite, les autres partis bourgeois n'ont plus besoin du PBD pour obtenir une majorité, observe le politologue Adrian Vatter.

Revers sur revers

Le PBD pâtit de plus en plus de son histoire atypique. Contrairement aux autres partis traditionnels, il ne défend pas une cause politique depuis longtemps. Des raisons politiciennes et une opposition au style de l'UDC expliquent sa fondation, poursuit M. Vatter.

Dès le début, il lui a manqué un profil politique et un trait caractéristique. Et avec le retrait de Mme Widmer-Schlumpf, sa présence dans les médias s'est effondrée, conclut M. Vatter.

Depuis, le parti essuie revers sur revers. Il comptait encore 74 députés dans les parlements cantonaux en 2015. Ils ne sont plus que 65 en 2018. Dans les parlements romands, plus aucun élu ne siège sous la bannière PBD, alors qu'ils étaient encore deux à Fribourg et un à Neuchâtel lors de la précédente législature. La section neuchâteloise du PBD s'est d'ailleurs sabordée en décembre 2015.

Le parti n'est plus que le 7e parti de Suisse, derrière les Vert'libéraux. Même les trois cantons où le parti enregistre ses plus fortes députations (Berne, Glaris, Grisons), il ne renoue pas avec le succès. Dans les Grisons, il a récemment perdu un siège au gouvernement et six sièges au parlement.

Recherche électorat au centre

Le politologue Georg Lutz ne voit pas comment le parti pourrait à terme se maintenir dans trois gouvernements cantonaux (BE, GR, GL). L'argument de la démarcation avec l'UDC s'estompe à un moment donné.

Il est également difficile de briser la spirale des défaites si on ne se focalise pas sur un thème défini et si on ne possède un électorat clairement défini au centre, analyse M. Lutz. La fusion avec le PDC représentait une échappatoire possible, mais le parti n'a pas franchi le pas, relèvent les deux experts.

Et l'avenir du parti ne s'annonce pas vraiment rose. Le PBD a chuté à 3,4% des intentions de vote selon les chiffres du baromètre SSR de la moitié de législature en octobre 2017.

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