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Le parquet général de Côte d'Ivoire a requis mardi dix ans de prison contre l'ex-première dame Simone Gbagbo. Elle est notamment accusée de "participation à un mouvement insurrectionnel" durant la crise postélectorale de 2010-2011 qui a fait plus de 3000 morts.

L'avocat général Simon Yabo Odi a également accusé Mme Gbagbo de "troubles à l'ordre public". "Simone Gbagbo a bel et bien participé à la constitution de bandes armées à Abobo", une commune d'Abidjan dont elle était députée, a affirmé M. Odi. "Ses hommes ont permis l'érection de barrages et participé à un mouvement insurrectionnel", a-t-il poursuivi.

L'ex-première dame, entourée de ses avocats, s'est montrée impassible à l'énoncé des réquisitions. Lundi de la semaine dernière, elle avait eu l'air très à l'aise lors de sa première audition, après quatre années de silence public.

Confrontée à cinq témoins, dont deux ont affirmé l'avoir vu livrer des armes à des jeunes d'Abidjan, Simone Gbagbo avait calmement nié. "Je ne me reconnais pas dans les faits. Je ne connais pas ces personnes". Parfois souriante, ironique ou cinglante, elle s'était aussi livrée à une diatribe enflammée contre la France et le régime ivoirien actuel.

"Dame de fer ivoirienne"

Simone Gbagbo, 65 ans, surnommée "la Dame de fer ivoirienne" quand son mari Laurent était au pouvoir, a été autant respectée pour son parcours dans l'opposition que redoutée dans son rôle de "présidente" à poigne. Elle a souvent été accusée d'être liée aux "escadrons de la mort" contre les partisans d'Alassane Ouattara, élu président fin 2010, qu'elle a toujours honni.

Quelque 82 personnes sont jugées avec elle depuis fin décembre pour des faits regroupés sous le chef d'accusation d'"atteintes à la sûreté de l'Etat" commis durant la crise de 2010-2011. Plus de 3000 personnes sont mortes entre décembre 2010 et mai 2011 en raison du refus de l'ex-président Gbagbo de reconnaître la victoire à la présidentielle de son adversaire Alassane Ouattara.

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ATS