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Une histoire rocambolesque figure dans le rapport remis lundi par la commission d'enquête indépendante de l'AMA.

Un contrôleur antidopage russe qui fuit par la fenêtre en pleine nuit pour échapper à la police, accusée de vouloir dissimuler des tests positifs: cette scène à peine croyable figure dans le rapport qui dénonce l'existence d'un système institutionnalisé de dopage en Russie.

Nous sommes à Saransk, en République de Mordovie, à plus de 500 km à l'est de Moscou. Ce contrôleur vient d'effectuer des prélèvements sur des athlètes et la police s'intéresse, selon lui, de très près aux échantillons collectés. "J'ai passé plusieurs heures à donner des explications à la police, qui recherchait les échantillons, avec des policiers m'attendant devant mon hôtel pour m'accompagner moi et mes échantillons jusqu'au train (NDLR: qu'il devait prendre pour rejoindre Moscou)", raconte dans le rapport cet acteur de la lutte antidopage, qui a souhaité conserver l'anonymat.

"La police de Moscou était déjà informée de mon arrivée et m'attendait, juste pour s'assurer que les échantillons iraient bien au laboratoire d'analyses de Moscou", explique-t-il. Selon le rapport de l'AMA, ce laboratoire, et peut-être même un autre plus clandestin installé dans la capitale moscovite, participait à la triche organisée en allant jusqu'à détruire les échantillons compromettants.

"Il y avait également un entraîneur dont plus de 20 athlètes ont été contrôlés positifs en quelques années. (...) Il n'a pas hésité à appeler le laboratoire de Moscou, devant moi, pour leur donner les numéros des échantillons qui devaient leur arriver le lendemain, confirmant que la police gardait un oeil sur eux et ajoutant que le laboratoire savait ce qu'il lui restait à faire", relate le contrôleur.

Celui-ci décide alors de... s'enfuir. "Quand j'ai quitté ma chambre en passant par la fenêtre avec l'idée de prendre un autre train que celui prévu, j'avais laissé la lumière et la TV allumées dans ma chambre, afin qu'ils imaginent que j'étais toujours à l'intérieur", raconte-t-il.

"La police attendait à la gare de Moscou et j'ai dû faire de mon mieux pour leur échapper et donner les échantillons à une autre personne de confiance". Cette personne transmettra ensuite les échantillons au laboratoire de Lausanne, où quatre contrôles positifs sortiront des analyses.

Depuis, la personne ayant transmis les échantillons au laboratoire de Lausanne n'a plus été en mesure d'effectuer d'autres transferts, et la famille du contrôleur, dont sa mère, ont subi des menaces, affirme le rapport.

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ATS