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La sortie du Royaume-Uni de l'UE... un vrai "cauchemar" pour les Suisses de Londres

KEYSTONE/AP/MATT DUNHAM

(sda-ats)

Pour la plupart des Suisses qui résident et travaillent à Londres, le réveil a été brutal vendredi après le oui au Brexit. "Jour de deuil", "knock out", "mauvais rêve", certains redoutent même à terme "un cauchemar".

"Il faudra essayer de rester positifs et constructifs. Mais ma crainte est de voir l'extrême droite (...) et l'ancien maire de Londres Boris Johnson prendre le pouvoir", résume le joaillier chaux-de-fonnier Antoine Sandoz, qui vit à Londres depuis une quinzaine d'années.

"Le pire scénario prend forme. Des amis m'avouaient récemment que même en tant que Britanniques, ils envisageaient de quitter le Royaume-Uni en cas de Brexit. J'étais fier de vivre en Grande-Bretagne et d'y voir mes enfants grandir, maintenant je suis en colère et frustré par ce résultat", conclut Antoine Sandoz.

Jour d'après-séparation

Même constat pour le Vaudois Alexandre Bettler, boulanger dans le quartier populaire de Hackney. "Je suis énervé et anxieux", a-t-il concédé vendredi à l'ats. "J'ai quitté la Suisse pour échapper à son enfermement tout en pensant que la Grande-Bretagne était plus ouverte d'esprit et culturellement plus riche; et là je me retrouve dans le même environnement, sans savoir où me diriger maintenant pour échapper à cette mentalité insulaire et isolationniste".

"C'est un peu comme le lendemain d'une séparation", décrit M. Bettler pour résumer le sentiment général des Suisses de Londres.

Les Brexiteers premiers surpris

Pour le professeur bernois Samuel Fankhauser, qui enseigne à la London School of Economics, la surprise est d'autant plus grande "que même les 'Brexiteers' ne s'attendaient pas à remporter la mise. Résultat: nous ne savons pas que faire maintenant exactement".

"J'imagine que la réaction en Grande-Bretagne sera approximativement la même que celle que nous avons connue en Suisse après le vote sur l'immigration de masse, soit essayer d'extraire le meilleur d'un verdict inconfortable. Bien sûr, il s'agit là d'un scénario positif. Mais le risque existe également de voir quelques éléments enragés émerger sur les marches du pouvoir. Cela pourrait être déprimant", constate ce professeur emmentalois d'une cinquantaine d'années.

Le vote des Britanniques "ne reflète pas seulement un sentiment 'anti-Bruxelles', mais plus globalement un sentiment 'anti-tout', ce qui pourrait accélérer la prise de pouvoir par un gouvernement désagréable", redoute Samuel Fankhauser, interrogé par l'ats.

ATS