Les présidents de Serbie et du Kosovo ont refusé de se parler vendredi à Bruxelles, lors d'un entretien organisé par la diplomatie européenne. Ils auraient dû évoquer un éventuel échange de territoires censé favoriser l'adhésion des deux pays à l'UE.

La réunion, organisée à l'initiative de la cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini, a tourné court quand le Kosovar Hashim Thaci et le Serbe Aleksandar Vucic se sont ignorés. Mme Mogherini les a rencontrés séparément pour tenter de sauver la rencontre, mais sans succès.

"Des difficultés persistent", a commenté la responsable européenne. Elle a promis une nouvelle tentative dans le courant du mois, disant avoir "confiance dans l'engagement total des deux présidents à poursuivre le processus et à parvenir dans les mois à venir à un accord légalement contraignant sur une normalisation complète des relations qui soit conforme avec le droit international".

"Tout se complique"

De son côté, Hashim Thaçi a prévenu que le chemin vers un accord de paix final avec la Serbie serait "difficile". "Ce qui devient très clair désormais, c'est que plus on avance, plus tout se complique", a-t-il ajouté devant des journalistes après son entrevue avec Mme Mogherini.

"Les différences sont très grandes, mais le chemin vers des relations de bon voisinage n'a pas d'alternative", a ajouté l'ancien chef rebelle, qui a aussi évoqué sur Facebook un "voyage difficile" mais "indispensable pour assurer à long terme la paix dans les Balkans occidentaux".

Risque de déstabilisation

L'idée de redessiner la frontière a été émise durant l'été à la fois par Belgrade et Pristina. Il s'agirait d'échanger les territoires kosovars à majorité serbe au nord de Mitrovica contre la vallée de Presevo, à majorité albanaise, située dans le sud de la Serbie.

Cet arrangement, qui serait le prélude à une normalisation des relations entre les deux pays, se heurte cependant à des résistances dans les deux camps. L'Allemagne et la Grande-Bretagne ont toutefois dit leur hostilité, y voyant un risque de déstabilisation pour toute la région.

L'Union européenne et les Etats-Unis promettent quant à eux de respecter un tel accord à condition qu'il soit conforme au droit international.

Le Kosovo, ancienne province serbe dont la population de 1,8 million d'habitants est majoritairement d'origine albanaise, a proclamé son indépendance en 2008. Il est désormais reconnu par une centaine d'Etats, dont la Suisse, mais ni par la Serbie, ni par la Russie, ni par cinq pays membres de l'UE.

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