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Les petits Thurgoviens risque de ne plus pouvoir apprendre le français à l'école primaire (Photo prétexte).

KEYSTONE/AP/MARY ALTAFFER

(sda-ats)

La Thurgovie veut supprimer l'enseignement du français à l'école primaire. Son parlement a, du moins, décidé mercredi en première lecture de le repousser à l'école secondaire. La langue de Ramuz serait enseignée de manière renforcée à partir de la 7e année.

A l'issue d'un long débat, le Grand Conseil thurgovien est entré en matière, par 68 voix contre 53, sur une modification de la loi scolaire. Il a ensuite décidé, par 64 voix contre 53, de maintenir le paragraphe prévoyant la suppression du français dans la loi.

La ministre de l'éducation Monika Knill (UDC) a appelé en vain à "ne pas s'engager dans cette voie solitaire" pour le canton et à donner une véritable chance à l'amélioration des conditions d'enseignement du français.

Alliance UDC-Verts-PDC

Les députés de l'UDC, des Verts, du PDC et de l'UDF se sont majoritairement prononcés en faveur de la suppression du français à l'école primaire. Il vaut mieux renforcer les compétences chancelantes des élèves surchargés en allemand plutôt que de maintenir le français précoce qui n'a pas atteint ses objectifs, ont-ils fait savoir. Les compétences en français seront, elles déterminantes à la fin de l'école obligatoire, pas avant, selon eux.

Le PLR, le PS, une minorité démocrate-chrétienne, les Vert'libéraux et le PBD ont bataillé en vain contre le renvoi de cette branche à l'école secondaire. Ils ont dénoncé les "dégâts colatéraux" qu'engendrerait un abandon du français au primaire en matière de cohésion nationale.

La minorité a aussi invoqué les coûts et la surcharge supplémentaire pour l'école secondaire. Et d'ajouter que le peuple suisse a plébiscité l'harmonisation scolaire en 2006 qu'incarne HarmoS entretemps.

Référendum probable

Le débat de seconde lecture sur ce sujet controversé aura lieu le 17 mai. Le vote final du législatif est attendu le 14 juin. Les citoyens thurgoviens pourraient toutefois avoir le dernier mot. Il suffit pour cela que 30 députés se prononcent en faveur d'un référendum.

Si la décision de mercredi est confirmée par la suite, le français ne sera plus enseigné dès la 5e année primaire au plus tard, comme le prévoit le concordat HarmoS, issu de la modification constitutionnelle plébiscitée en 2006 par le peuple suisse. L'anglais est en revanche maintenu dès la 3e année.

Vote de 2014 confirmé

La majorité des députés a donc confirmé le vote de juillet 2014. Le parlement cantonal avait alors approuvé une motion chargeant le gouvernement de mettre en oeuvre de manière dérogatoire le plan d'études scolaires alémanique "Lehrplan 21" en supprimant le français du programme de l'école primaire. Le législatif estimait que l'enseignement de la langue de Ramuz surcharge les élèves en primaire.

Dans sa mise en oeuvre du "Lehrplan 21", le Conseil d'Etat thurgovien a finalement laissé la porte ouverte à deux versions: l'une avec et l'autre sans français à l'école primaire. Pour assurer ses arrières sur le plan légal, il a soumis aux députés une modification de loi prévoyant la suppression de l'enseignement du français en primaire, désormais approuvée en première lecture.

La Thurgovie montrée du doigt

A cet égard, il faut rappeler que l'adoption de la motion, il y a trois ans, avait suscité la polémique dans le reste du pays, Suisse romande en tête. En abandonnant le principe du 3/5 (enseignement des deux principales langues étrangères dès la 3e, respectivement 5e année primaire), la Thurgovie était accusée de menacer la cohésion nationale et l'entente entre les régions linguistiques.

Les intentions thurgoviennes ont incité le conseiller fédéral Alain Berset à intervenir en proposant une loi fédérale garantissant l'enseignement d'une deuxième langue nationale à l'école primaire. Il a ensuite fait machine arrière tout en menaçant de revenir à la charge si l'harmonisation scolaire - et donc la Constitution fédérale - était remise en cause.

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ATS