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Heinz Karrer et Monika Rühl, président et présidente de la direction d'economiesuisse, ont prévenu contre les réflexes interventionnistes et protectionnistes face à la mutation numérique.

Keystone/PETER KLAUNZER

(sda-ats)

La numérisation croissante de l'économie offrira en permanence de nouvelles opportunités: pour cette raison, elle ne doit pas inquiéter les politiques, selon economiesuisse. La faîtière des grandes entreprises leur demande "de ne pas céder aux sirènes régulatoires".

"Ne réagissons pas à la numérisation à coup de réglementations, comme le fait déjà l'Union européenne", a lancé jeudi devant les médias à Berne Heinz Karrer, président d'economiesuisse, lors de la conférence annuelle de l'organisation. "Des mesures protectionnistes entraveraient la concurrence et freineraient l'innovation, alors que l'ouverture de notre économie est l'un de nos facteurs de succès."

La Suisse est d'ailleurs bien armée, elle possède de nombreux autres atouts pour s'adapter en douceur à la 4e révolution industrielle. M. Karrer a cité pêle-mêle les marchés de l'emploi flexibles, les performances et la prospérité des entreprises, le système éducatif et de recherche de pointe, un approvisionnement énergétique sûr ou les politiques fiscales compétitives.

A ce sujet, les responsables de la faîtière ont réitéré leur soutien à la troisième réforme de la fiscalité des entreprises, soumise au peuple le 12 février. "La Suisse ne s'interroge pas de manière isolée, mais tente d'anticiper des évolutions mondiales. La réforme en l'état est très avantageuse pour les firmes innovantes et créatrices de valeur", a dit Monika Rühl, présidente de la direction.

Spectre de revendications

Des réglementations limitant la liberté d'entreprise ne devraient être possibles que s'il n'existe pas de meilleure solution, selon M. Karrer: "L'intervention de l'Etat n'est souvent pas la bonne option". Un exemple: dans le contexte de la révision de la loi sur les maisons de jeu, l'idée d'introduire des blocages de réseau pour limiter l'accès aux jeux en ligne à l'étranger fait débat.

Appliquée correctement, la législation actuelle est pourtant suffisamment efficace au sein d'une économie numérisée, selon economiesuisse. "Sans compter qu'un excès de réglementation dans ce domaine ouvrirait la porte aux revendications d'autres branches", a souligné M. Karrer.

Les cas d'Airbnb et Uber

Ce dernier a aussi cité la plateforme de location de logements entre particuliers Airbnb et des nouvelles offres de covoiturage payant ou transport avec chauffeur, comme Uber. "Dans le premier cas, des parlementaires demandent des mesures centralisées pour soutenir l'hôtellerie. Elles sont inutiles, car cantons et communes ont déjà la liberté d'agir selon leur bon vouloir face à cette plateforme."

Pour les taxis, il serait même judicieux de supprimer des normes sévères et dépassées, comme l'exige une motion du conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) transmise au Conseil fédéral. Le but est de ne plus avantager les offres récentes par rapport aux taxis. Ceux-ci veulent aussi prendre le train de la numérisation: TaxiSuisse vient d'annoncer l'ouverture possible d'une application.

Etats-Unis, UE et Brexit

La faîtière des grandes entreprises ne se souciera pas que de mutation numérique en 2017. Elle a évoqué jeudi d'autres défis majeurs. "Un Brexit dur et des Etats-Unis protectionnistes auront des conséquences sur la Suisse", a noté Mme Rühl. "Mais avec ces deux partenaires, nous avons besoin du meilleur accès possible au marché, qui doit être garanti par des accords bilatéraux."

Elle a d'ailleurs appelé à un accord "immédiat" avec la Grande-Bretagne si le pays sort formellement de l'UE. La présidente de la direction d'economiesuisse a notamment évoqué le soutien à la solution pragmatique du Parlement pour mettre en oeuvre l'initiative UDC contre l'immigration de masse, le débat sur la réforme de la prévoyance vieillesse et celui sur la politique agricole.

ATS

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