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L'Egypte aborde la semaine en pleine effervescence politique après la décision du président Mohamed Morsi de s'arroger des pouvoirs étendus. Le décret a provoqué la colère de l'opposition et des magistrats et bousculé la Bourse du Caire.

Un demi-millier de personnes ont été blessées lors de manifestations de rue depuis vendredi, au lendemain d'un décret surprise du chef de l'Etat s'appropriant de nouvelles prérogatives et le mettant à l'abri de poursuites judiciaires.

Pour la gauche, les libéraux, les socialistes et d'autres, le décret révèle les tendances autocratiques d'un apparatchik des Frères qui avait été jeté en prison sous l'ère Moubarak.

Samedi, les juges égyptiens, considérés comme proches de l'ancien régime, sont montés les premiers au créneau en lançant un appel à la grève des prétoires. Des adversaires du décret Morsi campaient toujours dimanche, pour la troisième journée consécutive, dans le centre de la capitale.

Caractère "provisoire"

Le président, d'après les médias officiels, continue pour sa part de consulter ses conseillers. La présidence égyptienne a tenté dimanche d'apaiser la colère de l'opposition et des magistrats et souligné le caractère "provisoire" du décret présidentiel.

Manifestations et contre-manifestations sont prévues en début de semaine. Mardi, partisans et adversaires du "nouveau Pharaon d'Egypte", comme l'appellent désormais ses détracteurs, sont invités à protester en masse, ce qui fait redouter de nouvelles violences.

Journalistes mobilisés

Le syndicat des journalistes a voté pour la grève à l'occasion d'une réunion d'urgence, mais n'a pas encore défini de date, ont indiqué des participants. Il souhaite protester contre le manque de liberté de la presse dans la Constitution en cours d'élaboration.

Dimanche, la Bourse du Caire a plongé de près de dix pour cent au premier jour de sa réouverture après la publication, jeudi soir, du décret Morsi. Jamais les valeurs n'avaient accusé une telle baisse depuis la "révolution du Nil" qui a abouti en février 2011 à la chute d'Hosni Moubarak.

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ATS