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Le Zimbabwe a accusé jeudi les rangers des parcs et les populations locales d'être responsables de l'empoisonnement d'au moins 71 éléphants ces derniers mois. Un braconnage contre lequel le gouvernement entend lutter avec des drones notamment.

"De nombreux facteurs dont le moral très bas des rangers, le manque de bénéfices pour les habitants et des incohérences dans les quotas de chasse contribuent au braconnage", a déclaré la ministre de l'Environnement, Oppah Muchinguri, lors d'une réunion à Harare avec des représentants du gouvernement et des défenseurs de l'environnement.

"Nous avons tous en tête la bouleversante nouvelle de l'empoisonnement au cyanure de 71 éléphants au parc national de Hwange (ouest) au cours des dernières semaines", a-t-elle ajouté. "Nous devons motiver nos rangers pour qu'ils ne braconnent pas", a-t-elle reconnu, appelant à une amélioration de leurs conditions de travail.

La population doit bénéficier du tourisme

La semaine dernière, trois journalistes zimbabwéens ont été arrêtés pour "publication de fausses nouvelles", après avoir mis en cause des responsables de parcs nationaux, des policiers et un homme d'affaires chinois dans l'empoisonnement d'au moins 60 éléphants.

Oppah Muchinguri a aussi estimé que les villageois qui habitent à proximité des parcs et réserves devraient davantage bénéficier des revenus du tourisme. Au Zimbabwe, le tourisme, essentiellement animalier, génère chaque année environ 1 milliard de dollars de revenus, selon des chiffres officiels.

Achat de drones prévu

"Le problème du braconnage, s'il n'est pas traité d'une façon décisive, aura des conséquences économiques importantes", a prévenu la ministre qui a annoncé, sans en préciser le nombre, l'achat de drones pour surveiller les parcs. Des agents de sécurité ont en outre été déployés pour patrouiller dans et à proximité des parcs.

L'empoisonnement des points d'eau est une façon de tuer les éléphants pour ensuite prélever leurs défenses, revendues essentiellement sur le marché chinois pour fabriquer des objets d'art en ivoire.

Le Zimbabwe abrite quelque 80'000 éléphants. L'an dernier, plus de 300 ont été tués dans le pays après avoir été empoisonnés au cyanure. L'empoisonnement des points d'eau tue en outre tous les animaux qui viennent y boire.

Sur le continent africain, environ 30'000 éléphants sont massacrés chaque année, alors qu'il n'en reste qu'environ 470'000 en liberté, selon le dernier décompte de l'association Eléphants sans frontières.

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ATS