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Le centriste Sergio Fajardo, ancien maire de Medellin, est l'un des favoris des sondages pour la présidentielle du printemps.

KEYSTONE/EPA EFE/LUIS EDUARDO NORIEGA

(sda-ats)

La Colombie votait dimanche pour des élections législatives. La droite, opposée à l'accord de paix avec les Farc, part favorite, mais les ex-guérilleros participent aussi au scrutin, pour la première fois en plus de 50 ans de conflit armé.

Le scrutin, qui s'est ouvert à 08h00 (14h00 suisses), devrait se dérouler dans le silence des fusils: désarmées, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont quitté la jungle pour l'arène politique et l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), dernière guérilla active, observe un cessez-le-feu unilatéral pour l'occasion.

Le président Juan Manuel Santos a qualifié cette journée électorale d'"historique". "Ces élections sont très spéciales. C'est la première fois, en plus d'un demi-siècle, que les Farc, au lieu de saboter les élections y participent", a-t-il dit, en ajoutant que l'ELN "a jusqu'à maintenant respecté" la trêve annoncée jusqu'à mardi.

Retrait de Timochenko

L'accord de paix qu'il a signé en novembre 2016 avec les Farc garantit dix des 280 sièges du prochain Congrès à l'ancienne guérilla marxiste, devenue la Force alternative révolutionnaire commune, sous le même acronyme.

Mais le nouveau parti à la rose rouge s'est retiré de la course à la présidence: son chef et candidat Rodrigo Londoño, alias Timochenko, a subi un pontage coronarien mercredi suite à un infarctus. Crédité de seulement 1% d'opinions favorables, il était bon dernier dans les sondages.

Plus de 36 millions d'électeurs étaient appelés à élire leurs députés et sénateurs parmi quelque 2700 candidats, jusqu'à 16h00 (22h00 suisses), à l'issue d'une campagne marquée par des violences contre la Farc, qui a annulé tout meeting public.

La droite favorite

Dans un pays où l'abstention flirte avec les 60% et où la gauche est divisée, la droite dure pourrait emporter la majorité absolue au Parlement et peser sur la prochaine présidentielle.

Les sondages prédisent un triomphe législatif du sénateur et ex-président Alvaro Uribe et de son parti, le Centre démocratique (CD), ainsi que d'autres mouvements opposés à l'accord de paix qui a polarisé le pays.

L'avenir de la paix en jeu

La droite pourra toutefois difficilement tenir sa promesse de jeter aux orties ce texte, dont un point majeur, le désarmement des 7000 guérilleros des Farc, est effectif.

Mais elle pourrait bloquer la mise en oeuvre du reste du pacte, dont la réforme agraire et la justice spéciale de paix. Les ex-rebelles doivent avouer leurs crimes, dédommager les victimes et les repentis pourront bénéficier de peines alternatives à la prison, ce qu'elle rejette.

"Le seul fait de ne pas appliquer ce qui a été signé serait suffisant pour que cet accord reste sans effet", a déclaré l'expert du conflit et du processus de paix, Frédéric Massé, de l'université Externado.

La droite pourrait aussi remporter la présidence, prévue les 27 mai et 17 juin, et retarder les pourparlers de paix avec l'ELN. Les négociations ont été gelées en février par le gouvernement suite à des attentats meurtriers de cette guérilla d'environ 1500 combattants.

Le président Santos, élu en 2010 et qui quittera le pouvoir le 7 août, entendait parvenir à une "paix complète" en signant avec l'ELN. Il ne peut se représenter après deux mandats et sa majorité de centre-droit s'est délitée au fil de scandales de corruption.

Primaires

Ce dimanche ont lieu aussi les primaires des deux grandes tendances pour désigner leurs candidats présidentiels. A droite, le sénateur Ivan Duque (CD), est favori. A gauche, l'ancien maire de Bogota Gustavo Petro, ex-guérillero du M-19 dissous, devrait s'imposer. Avec l'ancien maire centriste de Medellin Sergio Fajardo, ils sont en tête des sondages.

Si Ivan Duque est élu, il aura l'appui du Parlement, mais sa majorité devra accepter d'y croiser d'anciens rebelles. Si M. Petro l'emporte, il deviendra le premier ex-guérillero à diriger le pays et le premier président de gauche de l'histoire de la Colombie. Mais avec le handicap d'un Congrès dominé par la droite.

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ATS