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"Vous n'aurez pas la femme que je suis": c'est en ces mots que l'actrice française Emmanuelle Seigner a rejeté la proposition de l'Académie des Oscars de rejoindre ses rangs (archives).

KEYSTONE/ENNIO LEANZA

(sda-ats)

L'actrice française Emmanuelle Seigner refuse de rejoindre l'Académie des Oscars. Elle proteste contre l'exclusion de son mari, le réalisateur Roman Polanski, de ladite organisation, il y a deux mois. L'artiste le fait savoir dimanche dans une lettre ouverte.

Dans la virulente missive intitulée "Non merci !" publiée dans le Journal du Dimanche (JDD), Emmanuelle Seigner dénonce l'"insupportable hypocrisie" de cette "proposition injurieuse" décrite comme "la goutte d'eau qui a fait déborder le vase de (sa) relative discrétion".

L'actrice de 52 ans figure sur la liste des 928 personnalités invitées en juin dernier à devenir membres de l'Académie américaine des arts et des sciences du cinéma, qui décerne les Oscars du cinéma américain. Cette liste, qui s'inscrit dans le cadre d'un programme de discrimination positive lancé par une institution en butte depuis plusieurs années aux critiques sur son manque de représentativité, comporte 49% de femmes et 38% de personnes issues de minorités ethniques.

"L'Académie américaine des arts et des sciences du cinéma me propose de la rejoindre, en compagnie d'autres actrices, au nom d'une féminisation par ailleurs nécessaire. Qui peut croire que je ne me sente pas concernée par l'égalité des femmes et des hommes ?", écrit-elle.

Nouveau code de conduite

"Féministe, je le suis depuis toujours, mais comment puis-je faire semblant d'ignorer que l'Académie, il y a quelques semaines, a mis à la porte mon mari, Roman Polanski, pour satisfaire l'air du temps. La même Académie l'avait récompensé de l'Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste en 2003. Curieuse amnésie !", poursuit-elle.

Le réalisateur franco-polonais âgé de 84 ans a été exclu de cette institution début mai. Sa radiation de la liste des membres votants de l'Académie est survenue dans le sillage de l'affaire Weinstein, à l'origine du mouvement "#metoo" et de l'initiative "Time's Up" contre les violences sexuelles et sexistes à l'encontre des femmes.

Elle a été prononcée en même temps que celle du comédien américain Bill Cosby, reconnu coupable d'agression sexuelle fin avril, et est intervenue après celle, survenue en octobre dernier, du producteur Harvey Weinstein. La décision se conformait au nouveau code de conduite adopté par la prestigieuse institution, dans la foulée de cette affaire.

A la suite de cette expulsion, l'avocat américain de Polanski (84 ans), Harland Braun, a menacé de poursuivre l'Académie, jugeant qu'elle n'avait pas respecté la procédure en l'absence d'audience préalable de son client.

"Vous m'offensez"

"Cette Académie pense probablement que je suis une actrice suffisamment arriviste, sans caractère, pour oublier qu'elle est mariée depuis vingt-neuf ans avec l'un des plus grands metteurs en scène", qui a été rejeté "comme un paria", écrit-elle. "Vous m'offensez alors que vous prétendez vouloir protéger les femmes", ajoute-t-elle en précisant "vous n'aurez pas la femme que je suis."

"Roman n'est en rien cette caricature machiste, symptôme du mal qui ravagerait le cinéma", conclut l'actrice de 52 ans. Dans sa lettre Emmanuelle Seigner rappelle que "Samantha Geimer, sa seule et unique victime, demande depuis des années le classement de l'affaire" et que Roman Polanski a effectué en 1977 à Los Angeles "un premier séjour en prison qui devait être sa peine".

"Les artistes n'échappent pas à la justice ordinaire, bien sûr. À condition qu'elle ne devienne pas une justice d'exception". "Aujourd'hui, Roman a purgé plus que le maximum de la peine encourue pour la faute commise", estime-t-elle.

Pas d'extradition

Roman Polanski a reconnu en 1977 avoir eu une relation sexuelle avec une mineure de 13 ans lors d'une séance de photos à Los Angeles. Il a passé 42 jours en prison avant d'être remis en liberté après une accord amiable mais a fui les Etats-Unis l'année suivante, redoutant que le magistrat chargé du dossier ne revienne sur l'accord conclu à l'époque et ne le condamne à plusieurs années de prison.

En 2009, le cinéaste a été arrêté à Zurich en vertu d'un mandat américain et assigné à résidence. Il a été libéré un an plus tard, les autorités suisses ayant décidé de ne pas l'extrader.

En 2014, les Etats-Unis ont déposé une demande d'extradition auprès de Varsovie à l'occasion d'un voyage de Roman Polanski en Pologne. Cette requête a été rejetée en octobre 2015 par un tribunal de Cracovie, où Polanski possède un appartement.

La Cour suprême polonaise a confirmé en décembre 2016 le rejet de la demande d'extradition du cinéaste.

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ATS