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La fondatrice des "Mères de la place de Mai" Hebe de Bonafini, désormais âgée de 88 ans, guide toujours le mouvement. Ici, quelques jours plus tôt lors du rassemblement pour commémorer le 41e anniversaire du coup d'Etat qui a mené à la dictature de 1976 à 1983.

KEYSTONE/AP/VICTOR R. CAIVANO

(sda-ats)

Les "Mères de la Place de Mai" ont célébré dimanche à Buenos Aires le 40e anniversaire de leur premier rassemblement. Ces femmes réclament inlassablement la vérité sur le sort de leurs enfants, disparus durant la dictature argentine.

Le 30 avril 1977, elles étaient 14 rassemblées devant le palais présidentiel, alors occupé par les militaires depuis le coup d'Etat de mars 1976. Femmes au foyer pour la plupart, ces Argentines avaient osé invectiver la junte alors que la répression battait son plein.

Les militaires les avaient baptisées avec mépris les "folles de la place de Mai". Ils les avaient obligées à marcher, autour de la statue centrale, car les rassemblements statiques de plus de trois personnes étaient interdits.

"Trente mille raisons"

Ils sont 30'000 opposants à avoir été éliminés par la milice de droite Triple A ou par la dictature, en vigueur en Argentine de 1976 à 1983. "Trente mille raisons de continuer à se battre", expliquait dimanche une pancarte portée par une des 700 personnes présentes à cette marche anniversaire.

"Restez vigilantes, restez vigilantes. Ils sont en vie... les idéaux des disparus" et présumés morts, ont également clamé des centaines d'Argentins dimanche. Avec toujours, pour les guider, la fondatrice du mouvement des "Mères", Hebe de Bonafini, désormais âgée de 88 ans, dans sa chaise roulante, mais toujours aussi populaire, foulard blanc impeccable.

Tous les jeudis

Octogénaires pour les plus jeunes, elles auraient pu abandonner la lutte ou espacer les manifestations, mais le temps n'a pas entamé leur détermination. Elles continuent de se rassembler chaque jeudi à 15h30.

En 2003, l'arrivée au pouvoir de Nestor Kirchner avait relancé leurs espoirs. Des centaines de militaires ont été jugés et condamnés pour la répression des opposants à la junte.

ATS

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