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Le président arménien Serge Sarkissian a voté aux élections législatives à Erevan.

KEYSTONE/AP PAN Photo/DAVIT HAKOBYAN

(sda-ats)

Le parti au pouvoir en Arménie était en tête des législatives de dimanche dans cette ex-république soviétique, les premières après une réforme constitutionnelle controversée, censée instaurer un régime parlementaire. L'opposition a dénoncé des fraudes.

Ce scrutin, surveillé par les observateurs internationaux de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), représente un important test pour la démocratie dans cette ex-république soviétique de 2,9 millions d'habitants. L'Arménie n'a jamais connu un transfert de pouvoir à l'opposition via un processus électoral.

Le Parti républicain du président Serge Sarkissian recueillait 46% des voix, après la fermeture des bureaux de vote à 18h00, selon un sondage à la sortie des urnes effectué par l'Association des Sociologues d'Arménie et le groupe Baltic Surveys/Gallup International.

Une coalition de l'opposition menée par l'un des hommes d'affaires les plus riches du pays Gaguik Tsaroukian recueillait 25% des voix, selon ce même sondage. A 15h00, la participation était de 51%, selon la commission électorale centrale.

UE inquiète

L'opposition à d'ores et déjà dénoncé des fraudes. Le ministère de l'Intérieur a annoncé à la mi-journée avoir reçu 320 plaintes pour violations des procédures du vote. "Nous avons observé de nombreuses irrégularités dans les bureaux, des violations du secret du vote, et des votes multiples", a déclaré Hovsep Khourchoudian, l'un des dirigeants d'une coalition d'opposition.

Pendant la campagne électorale, les représentations de l'Union européenne et des Etats-Unis en Arménie avaient souligné dans un communiqué commun leur "inquiétude face aux informations faisant état d'intimidation des électeurs, d'achat de votes et de l'utilisation des ressources de l'administration en faveur de certains partis".

Au total, cinq partis et quatre coalitions étaient en lice pour les 101 sièges du Parlement. Dans ce scrutin proportionnel, un parti doit obtenir 5% pour être représenté au Parlement, tandis qu'une coalition doit engranger au moins 7%.

Féroce compétition

Le scrutin est l'occasion d'une féroce compétition entre le Parti républicain du président pro-Moscou Serge Sarkissian et une coalition de partis d'opposition menée par l'un des hommes d'affaires les plus riches du pays, Gaguik Tsaroukian.

Ce dernier a notamment bâti sa campagne sur des promesses de réduire les prix du gaz et de l'électricité et d'augmenter les salaires des fonctionnaires et les retraites. Le Parti républicain, dont la tête de liste est le ministre de la Défense, Viguen Sarkissian, a prôné la "sécurité et le progrès" pour l'Arménie.

La réforme constitutionnelle de 2015 a été initiée par le président et adoptée à l'issue d'un référendum contesté. Le Parlement, et non plus les électeurs directement, désignera pour la première fois le président tandis que le chef du gouvernement verra ses pouvoirs renforcés au détriment du chef de l'Etat, réduit à un rôle essentiellement honorifique.

L'opposition dénonce une manoeuvre destinée à permettre à l'actuel président de se glisser dans les habits d'un Premier ministre plus puissant à l'issue de son mandat en 2018.

ATS

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