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Des déplacés de Mossoul attendent leur transfert vers un camp (archives).

KEYSTONE/AP/FELIPE DANA

(sda-ats)

Le secrétaire général de l'ONU déplore la faiblesse des ressources pour aider les centaines de milliers d'habitants de Mossoul affectés par la bataille contre les djihadistes. Antonio Guterres était en visite dans un camp de déplacés près de la ville du nord irakien.

"Nous n'avons pas les ressources nécessaires pour soutenir ces personnes, ni la solidarité internationale requise", a déclaré M. Guterres dans le camp de Hassan Cham, à quelque 30 km à l'est de Mossoul. La deuxième ville d'Irak est le théâtre depuis cinq mois d'une bataille féroce entre les forces gouvernementales et les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui s'en étaient emparés en 2014.

Ces combats ont provoqué le déplacement de plus de 200'000 personnes depuis le début, mi-février, de l'opération pour reprendre la partie ouest de la cité. Ces mouvements suscitent l'inquiétude des organisations humanitaires.

"Malheureusement, notre programme ici n'est financé qu'à 8% (de sa totalité), cela montre combien nos ressources sont limitées", a insisté le chef de l'ONU. "Ces personnes ont énormément souffert et continuent de souffrir. Nous avons besoin de davantage de solidarité de la part de la communauté internationale".

"Daech nous a détruits"

Les habitants de Mossoul qui sont parvenus à fuir ont trouvé refuge dans des camps implantés dans les environs désertiques de la ville. D'autres ont rejoint des proches, louent des logements ou résident dans des abris improvisés.

Parmi les déplacés, de nombreux enfants tentent tant bien que mal d'oublier la guerre malgré le vacarme des combats. "On avait une grande maison, mais Daech (acronyme en arabe de l'EI, ndlr) nous a bombardés et elle a brûlé. Daech nous a détruits", a raconté Nora, dix ans, qui a trouvé refuge dans le camp de Hassan Cham.

Selon M. Guterres, les ressources actuelles ne permettent pas aux habitants de Mossoul de vivre dans des conditions décentes, ni d'envisager les efforts de réconciliation nécessaires une fois la ville reprise aux djihadistes. Ces efforts s'annoncent pourtant cruciaux pour permettre à l'Irak de retrouver la stabilité.

"Priorité absolue" aux civils

Dans le cadre de sa première visite en Irak comme patron de l'ONU, M. Guterres a rencontré jeudi des hauts responsables dont le Premier ministre Haider al-Abadi. A Bagdad, il a qualifié la protection des civils de "priorité absolue", alors que 600'000 personnes restent piégées par les combats dans Mossoul-Ouest selon l'ONU.

Les deux tiers d'entre elles vivent dans la vieille ville, un dédale de rues densément peuplées que tentent de reprendre les forces irakiennes. Un mois et demi après le début de l'opération sur Mossoul-Ouest, les civils ont payé un lourd tribut dans la bataille: plus de 300 d'entre eux auraient péri, selon l'ONU.

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ATS