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Au premier tour du 19 février, M. Moreno (photo) avait obtenu 39,36% des voix et M. Lasso 28,09%. Le prochain président prendra ses fonctions le 24 mai.

Keystone/EPA EFE/JOSE JACOME

(sda-ats)

Lenin Moreno, candidat du parti au pouvoir en Equateur, était légèrement en tête de l'élection présidentielle de dimanche pour désigner le successeur de Rafael Correa. Son adversaire conservateur a dénoncé une fraude présumée.

L'ancien vice-président Moreno était crédité de 51,07% des voix à l'issue de ce second tour, selon un résultat partiel diffusé par le Conseil national électoral (CNE) et portant sur 94,20% des bulletins dépouillés. Mais son adversaire, l'ex-banquier Guillermo Lasso, crédité de 48,93% des suffrages d'après le CNE, a dénoncé une "fraude" présumée et s'est dit prêt à contester le résultat.

"Nous allons défendre la volonté du peuple équatorien face à des présomptions d'une fraude qui a pour objectif d'installer un gouvernement qui serait, dès à présent, illégitime", a-t-il dit à Guayaquil, sa ville natale et capitale économique du pays (ouest).

Auparavant, M. Moreno et M. Lasso avaient chacun revendiqué la victoire à partir de sondages de sortie des urnes différents. Des centaines de partisans des deux bords se sont rassemblés devant le CNE, dont les accès ont été barrés pour prévenir d'éventuels incidents, suite aux protestations de l'opposition après le premier tour, le 19 février.

Le candidat socialiste, paraplégique depuis une agression à main armée en 1998, appelait à "voter pour continuer un processus qui marque le chemin vers l'avenir". Son adversaire jugeait cette élection "cruciale" pour choisir entre la "voie du Venezuela et celle de la démocratie et de la liberté".

Influence sur le sort d'Assange

Le sort de Julian Assange, réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres depuis juin 2012, est aussi en jeu. Si élu, M. Lasso entendait "réviser l'asile" dans les 30 jours après sa prise de fonction et expulser le fondateur de WikiLeaks, réclamé en Suède pour un viol qu'il nie et qui craint une extradition aux Etats-Unis pour la publication de documents confidentiels, notamment sur les guerres en Irak et en Afghanistan.

Dimanche soir, l'Australien a félicité M. Moreno sur Twitter. "J'invite cordialement M. Lasso à se retirer de l'Equateur dans les 30 prochains jours (avec ou sans ses millions offshore) #AssangeSILassoNO" (#AssangeOUILassoNON), a-t-il écrit en espagnol.

Accusations de corruption

Plus de 12,8 millions d'électeurs devaient voter, sous peine d'amende. Au premier tour, M. Moreno avait obtenu 39,36% des voix et M. Lasso 28,09%. Le prochain président prendra ses fonctions le 24 mai. Ce scrutin est inédit depuis la première élection de M. Correa en 2006, réélu ensuite deux fois dès le premier tour.

Dénonçant "la dictature" du parti corréiste, M. Lasso, 61 ans, avait appelé au "changement", promettant de créer un million d'emplois et supprimer des impôts. Apôtre d'une politique sociale, mais moins polémique que son charismatique mentor, M. Moreno, 64 ans, avait lui promis "une chirurgie radicale (...) aux corrompus de ce gouvernement", "aux corrompus d'hier et de maintenant".

Le président sortant - qui prévoit d'enseigner l'économie en Belgique, pays de son épouse - a mis à profit la manne pétrolière pour moderniser l'Equateur. Mais son gouvernement a été éclaboussé par des accusations de corruption.

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ATS