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Les rebelles kurdes "sont des athées, ce sont des zoroastriens (...) Ils n'agissent pas en fonction de nos valeurs", a lâché Recep Tayyip Erdogan dans un discours empreint de rhétorique religieuse. Le président turc s'exprimait à Diyarbakir, grande ville du sud-est en majorité kurde de la Turquie.

KEYSTONE/AP Pool Presidential Press Service/YASIN BULBUL

(sda-ats)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est engagé samedi à mener "jusqu'au bout" les opérations militaires contre le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Il a qualifié les rebelles kurdes d'"athées" et de "zoroastriens", une minorité religieuse pré-islamique.

"N'ont-ils pas détruit nos mosquées ? Ces gens-là sont des athées, ce sont des zoroastriens (...) Ils n'agissent pas en fonction de nos valeurs", a lâché M. Erdogan dans un discours empreint de rhétorique religieuse. Il s'exprimait à Diyarbakir, grande ville du sud-est en majorité kurde de la Turquie.

"Pourquoi n'oserions-nous pas dire cela, l'expliquer à nos frères kurdes qui sont croyants?", a poursuivi le président islamo-conservateur turc. "Si nos frères kurdes croyants, pieux et vertueux ne prennent pas leur place dans cette lutte jusqu'à la fin, alors ce sera difficile".

Le chef de l'Etat turc et son Premier ministre Binali Yildirim ont effectué samedi un déplacement symbolique, et sous haute sécurité, à Diyarbakir, coeur du sud-est de la Turquie. La région est secouée depuis près d'un an par la reprise des combats entre les forces de sécurité et les rebelles kurdes.

"Rendez-vous"

M. Erdogan, tenant d'une ligne dure face au PKK, a affirmé que les opérations militaires allaient "se poursuivre jusqu'au bout". "Déposer les armes ne suffira pas. Ils devront les enterrer, les couler dans du béton et nous donner les coordonnées (géographiques)", a-t-il ajouté.

Le nouveau chef du gouvernement a quant à lui exhorté les jeunes membres du PKK à se rendre aux autorités. "Renoncez à cette impasse, à cette sombre voie", a-t-il lancé, "rendez-vous".

Les deux dirigeants se sont ensuite rendus au hameau de Tanisik, endeuillé par la mort de 16 villageois tués par l'explosion d'un camion piégé du PKK il y a deux semaines. "Nous réclamerons ensemble des comptes pour ces corps déchiquetés", a dit M. Erdogan.

Nombreux morts

Les opérations réalisées par l'armée pour neutraliser les militants du PKK ont provoqué la mort de dizaines de civils et l'exode de dizaines de milliers d'autres. Les protestataires ont dressé des barricades dans plusieurs villes du sud-est et proclamé un "soulèvement urbain".

Des centaines de rebelles ont été tués par les forces de sécurité qui ont aussi subi de nombreuses pertes dans leurs rangs depuis la reprise des combats. Depuis le début du conflit, en 1984, plus de 40'000 personnes ont été tuées.

Le président turc a également vivement critiqué samedi les députés du Parti de la démocratie des peuples (HDP, prokurde), dont l'immunité parlementaire a été levée la semaine dernière. Ils sont désormais exposés à des poursuites pour "propagande terroriste", de quoi susciter l'inquiétude, en Turquie et à l'étranger, sur l'état de la démocratie.

"Ils ont commencé à fuir à l'étranger. Pourquoi fuyez-vous ?", a lancé M. Erdogan, appelant la justice à "remplir son devoir".

ATS