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Erdogan relance sa réforme contestée de la Constitution turque

Recep Tayyip Erdogan a remis mercredi sur la table sa réforme contestée de la Constitution. Le président islamo-conservateur turc a aussi promis de lutter jusqu'au bout contre les rebelles kurdes, trois jours après son triomphe électoral.

Dans son premier discours public depuis les législatives, l'homme fort du pays a confirmé, sur un ton très ferme, sa volonté de reprendre personnellement en main les affaires du pays. Son discours a confirmé les craintes de ses détracteurs qui s'inquiètent d'un nouveau tour de vis autoritaire dans le pays.

"L'un des plus importants messages des élections du 1er novembre est de régler la question d'une nouvelle Constitution", a lancé M. Erdogan. "Tous ceux qui s'opposent à la demande de notre peuple en faveur d'une nouvelle Constitution en paieront le prix dans quatre ans" lors des prochaines élections, a-t-il ajouté en pressant l'opposition de soutenir sa réforme.

Chef du gouvernement pendant onze ans (2003-2014), M. Erdogan plaide depuis son élection à la présidence en août 2014 pour une réforme de la Constitution mise en place après le coup d'Etat militaire de 1980. Il souhaite le transfert de l'essentiel du pouvoir exécutif du Premier ministre au chef de l'Etat.

Désaveu en juin

Lors des législatives du 7 juin, ce projet, dont il avait fait la priorité de sa campagne, a été largement désavoué par les électeurs, au point de priver son Parti de la justice et du développement (AKP) de la majorité absolue qu'il détenait depuis 2002. Contre tous les pronostics, l'AKP a regagné le contrôle exclusif du Parlement en totalisant 49,4% des suffrages et 317 sièges de députés.

Sa majorité absolue est toutefois insuffisante pour faire passer une réforme de la Constitution (il faut la majorité des deux tiers, soit les voix d'au moins 367 des 550 députés) et même pour lancer un référendum constitutionnel (330 voix requises).

Le porte-parole de M. Erdogan a toutefois laissé entendre que la question pourrait malgré tout être tranchée par les électeurs.

Dix-huit morts

Mercredi, le chef de l'Etat a également confirmé sa fermeté dans le conflit kurde. "Il n'y aura pas de pause (...) les opérations continueront de manière déterminée contre l'organisation terroriste à l'intérieur et à l'extérieur de la Turquie", a-t-il insisté dans son discours, "nous continuerons notre combat jusqu'à ce que l'organisation terroriste enterre ses armes et que ses membres se rendent et quittent le sol turc".

Depuis le scrutin, l'aviation turque a déjà procédé à deux séries de frappes contre des objectifs du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)..

Dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, de nouveaux affrontements ont fait 18 morts mercredi. Deux soldats turcs et 15 membres du PKK ont été tués dans des combats près du village de Daglica. Un jeune homme de 20 ans a été abattu à Silvan, où les autorités ont prolongé le couvre-feu instauré mardi dans trois secteurs de la ville.

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