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La défense comme le parquet ont demandé l'annulation des poursuites contre le juge espagnol Baltasar Garzon au premier jour d'un procès polémique. Le magistrat est jugé pour avoir brisé un tabou en enquêtant sur le sort des disparus du franquisme.

Ce procès, motivé par les plaintes de deux associations d'extrême droite, doit être "classé", a lancé le procureur du Tribunal suprême de Madrid, Luis Navajas, partageant les arguments de la défense, à l'issue de la première journée d'audience.

Dans la salle, le juge symboliquement vêtu de sa robe noire de magistrat, bordée de manchettes en dentelle, a suivi l'audience en silence. Outre les proches des victimes, plusieurs organisations dont Amnesty International et Human Rights Watch se sont mobilisées et ont envoyé des observateurs au procès.

Controversé

A 56 ans, suspendu de ses fonctions depuis mai 2010, le juge Garzon risque une interdiction d'exercer de 20 ans au maximum. Cette sanction mettrait un point final à la carrière hors du commun de ce magistrat hyperactif et controversé, admiré autant qu'haï, célèbre dans le monde entier pour avoir fait arrêter en 1998 à Londres l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet.

Dans son propre pays, sa quête d'une "justice universelle" s'est toutefois heurtée aux démons du franquisme. Il est accusé d'avoir enfreint la loi d'amnistie votée en octobre 1977, deux ans après la mort de Francisco Franco, qui était censée imposer un pacte du silence sur les années noires de la Guerre civile (1936-39) et de la dictature (1939-75).

Annulation du procès

Après la lecture de l'acte d'accusation mardi, l'avocat de Baltasar Garzon, maître Gonzalo Martinez Fresneda, ainsi que le procureur, Luis Navajas, ont tous deux réclamé l'annulation du procès.

Si ces arguments ne sont pas retenus par le tribunal, le juge présentera comme prévu sa déposition le 31 janvier, puis le procès verra défiler 22 témoins. En l'absence de parties civiles, tous sont cités par la défense au nom des familles de disparus.

ATS