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Ce crime avait provoqué une vive émotion en Allemagne (archives).

Keystone/DPA/PATRICK SEEGER

(sda-ats)

La justice allemande a condamné jeudi à la perpétuité un demandeur d'asile se disant afghan pour le meurtre d'une étudiante à Fribourg-en-Brisgau. Ce crime avait révélé les dysfonctionnements de la coopération européenne et nourri le discours anti-réfugiés.

Le tribunal de Fribourg jugeait depuis septembre l'accusé pour le viol et le meurtre en octobre 2016 d'une étudiante en médecine de 19 ans. Il a considéré que ses crimes étaient "particulièrement grave", une définition pénale qui permet une incarcération effective pendant plus de quinze ans. L'homme avait reconnu avoir attaqué sa victime "sous le coup d'une impulsion".

L'avocat de la défense a annoncé que son client allait faire appel de cette décision.

L'agression, survenue de nuit alors que la jeune femme rentrait d'une soirée, avait été particulièrement violente: après l'avoir mordue à la poitrine et à la joue, le suspect avait tenté de l'étrangler. Une fois inconsciente, il l'avait violée à plusieurs reprises, avant de l'abandonner au bord d'une rivière où elle s'était finalement noyée.

Confondu par des images de vidéosurveillance, puis par son ADN retrouvé sur place, l'homme avait été arrêté quelques semaines plus tard.

Indignation

Ce fait divers avait suscité une vive indignation en Allemagne, un an après la décision d'Angela Merkel d'accueillir plusieurs centaines de milliers de demandeurs d'asile venus en majorité de Syrie, d'Irak ou d'Afghanistan. Il faisait partie des événements brandis par l'extrême droite pour dénoncer la politique d'accueil de la chancelière et signifier le prétendu danger que représente un afflux de musulmans en Allemagne.

"C'est un criminel qui est assis sur le banc des accusés, pas la politique migratoire" de l'Allemagne, a insisté dès lors à l'audience le procureur Eckart Berger, soucieux de couper court à tout débat politique.

Arrivé en Allemagne en novembre 2015, année où le pays a accueilli 890'000 migrants, l'accusé avait déclaré être afghan et avoir 16 ou 17 ans. Au moment du crime, sa demande d'asile n'avait elle pas été examinée, les autorités compétentes étant débordées par le nombre de dossiers à traiter.

Lors du procès, alors que des expertises médicales estimaient son âge compris entre 21 et 29 ans, il a finalement admis s'être rajeuni de deux ans pour bénéficier du statut plus enviable de "mineur non accompagné".

Par ailleurs, sa nationalité afghane est aussi sujette à caution: au procès, un policier a déclaré que l'examen de son téléphone portable laissait entendre qu'il pourrait être originaire d'Iran. La cour a ainsi pu contacter en Iran le père de l'accusé alors même que celui-ci affirmait qu'il avait été tué par les talibans.

Déjà condamné en Grèce

Enfin, l'affaire avait révélé les failles dans la coopération policière européenne. L'accusé avait en effet été condamné en 2013 à dix ans de prison pour avoir tenté de tuer une étudiante en Grèce. Jetée du haut d'un précipice à Corfou, la victime avait survécu par miracle.

Il avait alors bénéficié d'une amnistie décidée en raison de la surpopulation des prisons. Bénéficiant d'une liberté conditionnelle en octobre 2015, il disparaît peu après. Mais Athènes n'a pas émis d'avis de recherche international, ce qui avait empêché son identification à son entrée en Allemagne, selon les autorités allemandes.

Et un système européen de collecte des empreintes digitales censé éviter qu'une personne demande l'asile dans plusieurs pays européens n'a pas fonctionné, le jeune homme ayant déposé un dossier en Grèce puis en Allemagne.

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ATS