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La Première ministre britannique Theresa May s'est rendue pour la première fois à Salisbury, où l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont hospitalisés.

KEYSTONE/AP Pool Reuters/TOBY MELVILLE

(sda-ats)

Les Etats-Unis, le Canada, la France et l'Allemagne se sont joints jeudi à Londres pour désigner la Russie après l'empoisonnement d'un ex-espion russe en Angleterre. Ils ont affiché un front commun face à Moscou, qui s'apprête à riposter aux sanctions britanniques.

En visite pour la première fois à Salisbury, où l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont hospitalisés depuis le 4 mars dans un état grave, la Première ministre britannique Theresa May a vanté "l'unité" de ses alliés face à la Russie.

Dans un communiqué commun, Londres, Berlin, Paris et Washington ont estimé que la responsabilité russe était la seule explication "plausible" à l'empoisonnement de Sergueï Skripal. Jugeant que cette tentative constitue "une menace pour leur sécurité", ces pays ont demandé à Moscou de fournir toutes les informations sur le programme chimique Novitchok, redoutable agent créé dans les années 1980 par des scientifiques soviétiques.

"Le Royaume-Uni peut compter sur l'appui sans réserve du Canada dans le cadre des efforts visant à exiger de la Russie qu'elle rende des comptes par rapport à ces gestes inacceptables et illégaux", a déclaré pour sa part le chef du gouvernement canadien Justin Trudeau.

Ce front aggrave encore le climat de confrontation qui s'est installé ces dernières années entre la Russie et les Occidentaux, à quelques jours de la présidentielle russe dimanche - où la seule inconnue est le taux de participation - et à trois mois du Mondial-2018 de football.

Moscou botte en touche

Après plusieurs jours d'accusations réciproques, Theresa May a annoncé mercredi l'expulsion de 23 diplomates russes et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie.

"La position de la partie britannique nous semble absolument irresponsable", a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, annonçant des mesures de riposte.

Le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a assuré que Moscou expulserait "obligatoirement" des diplomates britanniques. Il a accusé Londres d'utiliser l'empoisonnement pour "détourner l'attention" de ses difficultés liées au Brexit, sur le plan intérieur et dans ses relations avec l'UE.

Moscou n'a jamais développé, y compris du temps de l'URSS, de programme d'armes chimiques "Novitchok", a en outre soutenu un haut diplomate russe.

"Faux diplomates"

La Russie disposait jusqu'ici de 59 diplomates accrédités au Royaume-Uni. Les 23 diplomates ciblés, considérés par Londres comme des "agents de renseignements non déclarés", ont "une semaine" pour quitter le territoire. Et Londres n'enverra aucun représentant, diplomate ou membre de la famille royale, à la Coupe du monde de football cet été en Russie.

Les analystes ont noté que les sanctions britanniques restaient à ce stade plutôt modérées. Mais elles pourraient être suivies d'autres de la part des alliés de Londres. Le président français Emmanuel Macron doit ainsi annoncer des mesures "dans les prochains jours".

Cette attaque contre un des pays de l'OTAN est "extrêmement grave" et si la Russie cherche la confrontation, "nous serons en mesure de défendre tous nos membres", a averti de son côté le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

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ATS