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Les parents d'Adeline sont venus assister au procès du meurtrier de leur fille et espèrent des réponses à leurs interrogations, presque quatre ans après le drame.

KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

(sda-ats)

Le procès du détenu Fabrice A., jugé pour avoir tué la sociothérapeute Adeline en septembre 2013 lors d'une sortie accompagnée, s'est ouvert lundi devant le Tribunal criminel de Genève. Le prévenu de 42 ans doit répondre d'assassinat. Il encourt l'internement à vie.

Vêtu d'un t-shirt bleu ciel, portant des lunettes de vue, des baskets aux pieds et les cheveux coupés à ras, Fabrice A. a fait son entrée peu après 09h00 dans le prétoire plein à craquer. La journée de lundi a permis de commencer son interrogatoire. Les juges ont cherché à comprendre les raisons qui l'ont poussé à l'irréparable.

Fabrice A. a affirmé devant le tribunal n'avoir pas prémédité son geste homicide envers Adeline. "Je ne savais pas que je la tuerais au moment de franchir les grilles de Champ-Dollon", a-t-il déclaré. Lorsqu'il a égorgé la sociothérapeute qu'il avait attachée à un arbre, il était en proie à une pulsion plus forte que lui.

Une jouissance

En tranchant la gorge de sa victime avec un couteau qu'il venait d'acheter en ville, il a éprouvé une "jouissance". Le prévenu n'a pas caché la dimension sexuelle, pour lui, de cet acte. Le président du Tribunal criminel Fabrice Roch a alors demandé à l'accusé s'il serait encore capable de tuer. "Assurément non", fut sa réponse.

En revanche, son désir d'abuser brutalement de femmes ne semble pas refoulé à jamais. Il pourrait encore commettre un viol, "mais pas tout de suite", a-t-il indiqué aux juges. Au moment de tuer Adeline, Fabrice A. purgeait une peine de 20 ans de prison pour deux viols avec cruauté, dont l'un avait été perpétré en France voisine.

Incarcéré en France, il avait obtenu de finir sa détention en Suisse. Il avait été transféré peu après à la Pâquerette, une structure au sein de la prison de Champ-Dollon, fermée depuis le drame d'Adeline, et dont la mission était de préparer les détenus considérés comme dangereux à leur remise en liberté.

Trop permissif

Le fonctionnement de la Pâquerette était trop permissif, a relevé de son propre chef l'accusé. Ce dernier a souligné qu'une fois il avait pu conserver dans sa cellule un couteau qu'il avait dérobé, sans crainte d'être découvert et sanctionné. Fabrice A. a également été autorisé à regarder des films violents.

Il s'est ainsi repassé à plusieurs reprises une scène du film "Braveheart" montrant une femme ligotée se faire égorger avec un couteau. Il a cependant rejeté tout fantasme de sang qui gicle, mais a dit avoir "une fascination malsaine et horrifique de cet instant de passage de vie à trépas".

"J'agissais en primitif"

Lorsqu'il a tué Adeline, Fabrice A. était, selon ses dires, dans un état animal. Il avait paniqué en voyant sa victime pianotter sur son téléphone portable. "J'étais à partir de ce moment dénué de raisonnement, j'agissais en primitif, à l'instinct". Lors de sa fuite vers la Pologne, il a aussi eu quelques idées homicides.

Il a ainsi accosté deux femmes en songeant à les violer et à les tuer. Il a également imaginé ôter la vie à une hôtesse d'agence immobilière pour lui voler sa voiture. Quant à son ancienne petite amie polonaise, qu'il comptait retrouver, il aurait très bien pu finir par la violer si elle ne se montrait pas coopérative.

Mardi, la journée commencera par la poursuite de l'audition de l'accusé. Le procureur général Olivier Jornot ouvrira les feux. Il sera suivi par les avocats de la famille d'Adeline. Puis viendra le tour des représentants de la défense d'interroger leur client.

Un premier procès de Fabrice A. avait été interrompu en octobre dernier. Le tribunal avait ordonné une troisième expertise de l'accusé, peu convaincu du rapport rédigé par des experts français. La défense avait alors obtenu la récusation des juges et la nomination d'un nouveau tribunal pour un nouveau procès.

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ATS