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Haïti a renoué avec l'ordre constitutionnel en organisant dimanche les premières élections depuis 2011. Mais ces législatives ont été marquées par de nombreux incidents qui ont fait deux tués et une faible participation.

La présidente d'un parti, Edmonde Supplice Beauzile, déplore le décès du fils d'un de ses partisans dans le département du centre. L'ancienne sénatrice et actuelle candidate à la présidence a également annoncé que deux membres de son parti avaient été blessés au cours de la journée de vote dimanche.

Le parti du président a de son côté annoncé qu'un de ses partisans avait été tué dans le département du Nord.

Des hommes ont attaqué des bureaux de vote à Port-au-Prince, la capitale. Dans tout le pays, une cinquantaine de bureaux de vote sur les plus de 1500 ouverts pour ce scrutin ont été "affectés" par des violences ou des problèmes bureaucratiques, a déclaré le Conseil électoral provisoire (CEP). Le vote a été prolongé de deux heures.

Certains à Port-au-Prince accusaient les partisans du président Michel Martelly. Un membre de son parti a dénoncé ces critiques.

"Peu importe..."

Après avoir voté dans un bureau de Pétionville, en banlieue de la capitale, le chef de l'Etat a minimisé ces incidents. "Nous avons eu des petits accrocs, et nous espérons les corriger pour l'élection présidentielle. Nous ne savons pas qui sont les fauteurs de trouble. Peu importe qui ils sont, c'est un problème pour tous les candidats", a-t-il dit.

Les 5,8 millions d'électeurs inscrits étaient appelés à élire l'ensemble de leurs députés et deux tiers du Sénat, dans le pays le plus pauvre de la Caraïbe et du continent américain. Plus de 1800 candidats étaient en lice pour les 139 postes parlementaires à pourvoir pour ce scrutin.

Les résultats sont attendus dans un délai de six à dix jours. Le second tour est prévu le 25 octobre, le même jour que le premier tour de la présidentielle.

Faible participation

Le président du CEP, Pierre-Louis Opont, a expliqué dans une conférence de presse dans la soirée que "4 % des centres de vote ont été affectés par des actes de violence" obligeant leur fermeture avant l'horaire prévu par la loi. Selon les estimations du président de l'administration électorale, ce sont environ 290'000 électeurs qui n'ont donc pas pu accomplir leur devoir civique.

D'ici mercredi, les membres du CEP vont décider si les scrutins seront réorganisés dans les circonscriptions concernées.

Refusant de donnerune estimation sur l'ampleur de la participation, Pierre-Louis Opont a néanmoins reconnu qu'"il n'y a pas eu d'encombrement" dans les bureaux.

"Même s'il y a eu des incidents dans quelques centres de vote, en général les problèmes se corrigent," a déclaré à l'AFP la cheffe de la mission d'observation électorale de l'Union européenne, Elena Valenciano.

Coups d'Etat et fraudes

Avec ces élections législatives, Haïti ouvre un long processus électoral. Outre ses parlementaires, le pays doit d'ici la fin de l'année élire l'intégralité de ses maires et élus locaux ainsi que son futur président de la République.

En raison d'une crise profonde entre le chef de l'Etat Michel Martelly et l'opposition, aucun scrutin n'a pu être organisé en Haïti depuis 2011. Le pays peine toujours à installer une démocratie stable: après la chute de la famille Duvalier, au pouvoir de 1957 à 1986, la vie politique sur l'île a eu lieu au rythme des coups d'Etat et des fraudes électorales.

Haïti est actuellement privé de Parlement depuis une dissolution prononcée en janvier, le jour anniversaire du tremblement de terre de 2010 qui a fait plus de 200'000 tués. Depuis cette date, Michel Martelly gouverne par décret: la chambre basse est déserte et les dix sénateurs encore en poste, sur les 30 que totalise normalement l'institution, ne permettent pas d'atteindre le quorum.

ATS